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16/01/2014 09:32 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Afrique du Sud: la commission des droits de l'homme blâme la police

La commission sud-africaine des droits de l'homme (SAHRC) a sévèrement blâmé jeudi "la mort inutile de trois personnes" lors de la répression par la police d'une manifestation contre le manque d'eau près de Pretoria et annoncé une enquête.

Cet organe d'Etat, créé en 1995 après l'avènement de la démocratie en Afrique du Sud, a exprimé "sa préoccupation envers l'usage répété de la force par la police" et "décidé de lancer de sa propre initiative une enquête sur les causes de la manifestation", selon un communiqué.

"Il est profondément inquiétant d'avoir tant de gens pauvres dans le pays toujours privés d'un accès adéquat à l'eau et à l'hygiène", a souligné la commission, alors que la presse affirme que les élus locaux ont laissé pourrir la situation pour toucher de l'argent des camions citernes livrant de l'eau lors des coupures à répétition.

Les habitants se sont révoltés dimanche à Mothotlung, un lotissement (townships) de Brits entre Pretoria et le bassin minier de Rusteburg, provoquant l'intervention brutale de la police lundi.

Deux hommes, âgés d'une soixantaine et d'une trentaine d'années, ont été abattus, un troisième homme de 27 ans, blessé en tombant d'un véhicule anti-émeute, est décédé ensuite. Selon des témoins, il aurait été poussé par des policiers, un porte-parole de la police affirmant qu'il a tenté de s'enfuir. La police des polices a été saisie.

La commission a déploré que la direction de la police nationale n'ait pas "mis en oeuvre les recommandation faites par la SAHRC après l'enquête sur la mort d'un militant à Ficksburg Andries Tatane (...) lors d'une manifestation similaire contre le manque d'eau".

Lors de cette bavure en 2011, la commission avait noté les différentes erreurs de la police. L'homme avait succombé à un tir de balle en caoutchouc. A l'issue d'un procès, aucun agent n'a été jugé coupable de sa mort, filmée en direct par de nombreuses télévisions.

A Mothotlung, la police est accusée par des familles de victime d'avoir tiré à balles réelles.

Les protestations contre l'insuffisance des services publics dans les townships, où habitait la majorité noire du temps de l'apartheid, sont fréquentes - environ cinq par jour - et frôlent régulièrement l'émeute.

La SAHRC, dont les membres sont nommés par le parlement pour sept ans, oeuvre depuis 1995 à la promotion des droits de l'homme, en menant des enquêtes, des actions éducatives ou des rapports qu'elle peut exiger des différents services de l'Etat.

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