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15/01/2014 09:03 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Une touriste danoise de 51 ans victime d'un viol collectif en Inde

NEW DELHI - Une touriste danoise âgée de 51 ans a été victime d'un viol collectif près d'un secteur commercial très fréquenté de New Delhi, en Inde, après s'être perdue et avoir demandé de l'aide à un groupe d'hommes pour retrouver son chemin vers son hôtel, a annoncé la police mercredi.

Il s'agit du plus récent incident mettant en évidence le fléau de la violence sexuelle en Inde.

Un porte-parole de la police, Rajan Bhagat, a indiqué qu'après une journée entière de recherches, les autorités avaient arrêté deux suspects. Il n'a pas donné plus de détails.

La femme a été battue et dépouillée de ses effets personnels lors de l'attaque, qui s'est produite mardi près de la place Connaught, a indiqué M. Baghat.

La dame a demandé à des hommes de l'aider à retrouver son hôtel, a-t-il expliqué. Ils l'ont attirée dans une zone isolée et l'ont violée à tour de rôle à la pointe d'un couteau, selon l'agence Press Trust of India.

La touriste a ensuite réussi à retourner à son hôtel et le propriétaire a appelé la police. Les autorités continuent d'interroger plusieurs suspects.

Un responsable de la police a indiqué que la femme avait repris l'avion pour rentrer dans son pays mercredi matin.

«Quand elle est arrivée, elle avait l'air misérable», a raconté Amit Bahl, propriétaire de l'hôtel Amax, dans le quartier Paharganj, très fréquenté par les touristes indépendants.

La femme pleurait quand elle est revenue à l'hôtel, a-t-il dit. «Je suis très honteux de ce qui lui est arrivé», a poursuivi M. Bahl, qui semblait ébranlé.

L'ambassade du Danemark en Inde n'a pas fait de commentaires.

Le problème de la violence sexuelle en Inde a été exposé au monde entier depuis le viol collectif horrifiant qui a coûté la vie à une jeune femme de 23 ans dans un autobus en décembre 2012. Le tollé suscité par cette affaire a mené au renforcement des lois sur le viol en Inde, portant à 20 ans la durée maximale des peines de prison pour les violeurs et criminalisant le voyeurisme et le harcèlement.

Mais pour de nombreuses Indiennes, particulièrement celles qui sont pauvres, les humiliations et les abus quotidiens restent la norme, et les nouvelles lois n'ont pas rendu les rues plus sûres.

Ranjana Kumari, directrice du Centre pour la recherche sociale, souligne que les traditions patriarcales et conservatrices de l'Inde incitent les hommes à utiliser le viol pour semer la peur chez les femmes.

«La mentalité ne change pas», affirme-t-elle. «C'est un immense défi.»

Il semble y avoir eu une hausse des viols rapportés en Inde au cours de la dernière année, ce qui laisse penser que les femmes sont davantage encouragées à dénoncer les abus. Entre janvier et octobre 2013, 1330 viols ont été rapportés dans la région de New Delhi et ses banlieues, comparativement à 706 pour toute l'année 2012, selon les données du gouvernement.

Des étrangères ont aussi été visées, notamment une femme suisse qui faisait du cyclotourisme avec son mari dans le centre de l'Inde et qui a été victime d'un viol collectif.