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15/01/2014 07:34 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Turquie: Gül favorable à un "compromis" sur la réforme judiciaire

Le président turc Abdullah Gül s'est dit mercredi favorable à un "compromis" entre le gouvernement et l'opposition sur le projet de loi très controversé de réforme judiciaire, dénoncé comme une tentative d'étouffer le scandale de corruption qui éclabousse le régime.

"Un compromis entre le parti au pouvoir et l'opposition favoriserait l'éclosion d'un climat favorable dans le pays et démontrerait à tous, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, que nos problèmes sont réglés ans un cadre démocratique", a déclaré M. Gül devant la presse.

"Ce qui importe n'est pas seulement de mettre un terme au blocage actuel mais aussi de favoriser un climat favorable dans le pays", a-t-il ajouté.

Après les mises en garde formulées par Bruxelles et Washington notamment, le chef de l'Etat a également insisté sur la nécessité, pour la réforme judiciaire défendue par le gouvernement, de satisfaire aux normes européennes.

"La séparation des pouvoirs prévaut en Turquie (...) s'il y a un problème, il doit être discuté et résolu. Je pense qu'il vaudrait mieux qu'il soit résolu au travers d'amendements constitutionnels. Et j'aimerais que cette réforme constitutionnelle respecte les critères de l'Union européenne (UE)", a souligné M. Gül.

L'opposition dénonce depuis plusieurs jours la volonté du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan de procéder à une réforme du Haut-conseil des juges et procureurs (HSYK) destinée à renforcer le contrôle politique sur les magistrats, jugée contraire à la Constitution.

M. Gül a reçu lundi les chefs de l'opposition puis le Premier ministre pour tenter de trouver une issue à cette polémique, jusque-là sans succès.

Depuis un mois, le chef de l'Etat a pris publiquement ses distances avec M. Erdogan sur le scandale de corruption en cours, au point d'apparaître désormais comme un rival du chef du gouvernement.

fo-pa/ros