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15/01/2014 09:00 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Syrie: 245.000 personnes assiégées manquent de vivres (ONU)

Quelque 245.000 Syriens vivent assiégés dans leur propre pays et font face à des difficultés extrêmes, dont une grave pénurie en vivres, a annoncé mercredi à Koweït Valérie Amos, coordinatrice des affaires humanitaires de l'ONU.

"Je suis profondément troublée par des informations persistantes sur des populations à court de nourriture dans des zones assiégées, où vivent quelque 245.000 personnes", a déclaré Mme Amos devant une conférence internationale de donateurs.

"Des enfants, des femmes et des hommes sont pris au piège, affamés et malades. Et ils ont perdu tout espoir dans la capacité de la communauté internationale à les aider", a-t-elle ajouté.

"Le siège est devenu une arme de guerre avec des milliers de personnes bloquées, en manque d'approvisionnements et incapables d'obtenir des services de base", a déploré la responsable de l'ONU.

La conférence de Koweït ambitionne de réunir 6,5 milliards de dollars, une levée de fonds présentée par l'ONU comme la plus importante de son histoire pour une situation d'urgence, afin de secourir quelque 13 millions de Syriens affectés par près de trois ans de guerre civile.

Des groupes rebelles continuent d'assiéger les villes de Nubul et Zahra dans la région d'Alep (nord-ouest), alors que les forces gouvernementales assiègent Darayya et Mouadamiya, près de Damas, Homs (centre) et le camp de réfugiés palestinien de Yarmouk, dans la capitale syrienne, a-t-elle indiqué.

"Presque chaque Syrien est affecté par la crise, avec une chute de 45% du PIB et une monnaie qui a perdu 80% de sa valeur", a encore dit Mme Amos.

La responsable de l'ONU, qui a visité Damas la semaine dernière, a indiqué que les destructions d'infrastructures avaient affecté les services de base, dont l'approvisionnement en eau, réduit de moitié.

Une commission d'enquête, mise en place par le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, a conclu que des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et de graves violations des droits de l'Homme étaient commis quotidiennement en Syrie, a-t-elle rappelé.

"Toutes les parties au conflit ont montré un mépris total de leurs responsabilités en vertu du droit humanitaire international et des des droits de l'Homme", a souligné Mme Amos.

"Lorsque j'ai visité la Syrie il y a près de deux ans, nous avions estimé qu'un million de personnes avaient besoin d'une aide humanitaire urgente", a-t-elle dit. "Ce chiffre s'établit désormais à 9,3 millions de personnes, soit presque la population du Tchad, de la Suède ou la Bolivie".

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