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15/01/2014 09:27 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Russie: un prêtre orthodoxe dénonce un lobby homosexuel dans l'Eglise

Le prêtre libéral et influent blogueur orthodoxe Andreï Kouraev, qui avait défendu les jeunes femmes du groupe Pussy Riot, a provoqué un scandale en Russie en dénonçant un lobby homosexuel au sein de l'Église orthodoxe russe.

Andreï Kouraev, dont les déclarations vont souvent à l'encontre de la ligne officielle du Patriarcat, a révélé fin 2013 dans son journal en ligne des harcèlements sexuels dont seraient victimes des séminaristes d'une académie théologique orthodoxe de Kazan, au Tatarstan, de la part des responsables de l'établissement.

Après l'envoi d'une commission du Patriarcat à Kazan fin décembre, aucun administrateur du séminaire n'a été puni. En revanche, le père Kouraev a été démis de ses fonctions de professeur au sein de l'Académie théologique de Moscou où il enseignait depuis dix ans.

"Un lobby homosexuel puissant au sein de l'Église s'oppose à la révélation de ce problème", a indiqué à l'AFP le père Kouraev qui continue à publier de nombreux témoignages sur des harcèlements homosexuels au sein du clergé russe.

"La direction de l'Église a même décidé de détourner l'attention du scandale" en suggérant d'organiser une consultation pour interdire l'homosexualité en Russie, a estimé le prêtre.

La semaine dernière, le porte-parole de l'Église orthodoxe russe, Vsevolod Tchapline, a proposé d'organiser un référendum concernant l'interdiction de l'homosexualité, ce qui reviendrait à la punir de peines d'internement comme cela était le cas à l'époque de l'Union soviétique.

Selon le blogueur orthodoxe, "près de 50 évêques sur les 300" que compte l'Eglise ont des pratiques homosexuelles, alors que l'Eglise prévoit théoriquement dans ce cas la réduction d'un prêtre à l'état séculier.

Quatre évêques russes avait déjà été au centre d'un scandale sur leur homosexualité présumée, dans les années 2000, et avaient été provisoirement écartés. Trois d'entre eux ont repris leurs fonctions après l'élection du Patriarche Kirill en 2009, selon le père Kouraev.

Le Patriarcat a largement soutenu une loi interdisant la "propagande" de l'homosexualité devant les mineurs promulguée en juin par le président Vladimir Poutine, un texte vivement critiqué par des défenseurs des droits de l'homme et la communauté homosexuelle.

L'homosexualité était considérée en URSS comme un crime, puis comme une maladie mentale jusqu'en 1999.

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