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15/01/2014 06:54 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Rigueur au Vatican: devenir saint va coûter moins cher

Dans un nouveau geste de sobriété conforme aux priorités du pape François, le Vatican a décidé de contenir les coûts de ses enquêtes, menées notamment avant béatification ou canonisation, a indiqué mercredi l'Osservatore romano.

Avant de déclarer une personne "bienheureuse" ou "sainte", qu'il s'agisse d'un simple fidèle ou d'un pape, de longues enquêtes sont conduites pour reconnaître après leur mort leurs "vertus particulières".

La première phase se déroule au niveau des diocèses, puis les suivantes au Vatican (béatification, et, pour quelques-uns, canonisation). Le processus dure généralement de nombreuses années, avec appel à de multiples experts -notamment des médecins quand il s'agit de reconnaître des miracles-- et des déplacements parfois coûteux. Certaines causes remplissent des armoires entières à la "Cause des saints".

Outre son coût, ce long processus génère des inégalités.

Comme pour les procès en annulation de mariage, les plus riches, les Occidentaux, sont favorisés pour faire aboutir la cause d'un saint.

A l'inverse, une enquête de sainteté d'un prêtre ou d'un laïc dans un pays pauvre d'Afrique a peu de chances d'aboutir, sauf si elle est appuyée et aidée financièrement par des soutiens occidentaux riches et puissants.

D'où la décision d'instaurer "une grille tarifaire" pour contenir les coûts de ces enquêtes.

Pour le préfet de la congrégation pour la cause des Saints, le cardinal Angelo Amato, cette mesure est "inspirée par un sens de sobriété et d'équité", afin qu'il n'y ait pas "d'inégalités entre les différentes causes".

Le cardinal italien a encouragé les dons pour aider au financement des "causes pauvres", soulignant que le pape François souhaitait "la mise en valeur de la sainteté de prêtres et de laïcs".

Jorge Mario Bergoglio met souvent en avant la sainteté des personnes simples. Par différentes petites mesures, depuis son élection en mars dernier, il tente de mettre fin à certains privilèges --il a limité ainsi récemment l'octroi du titre de monseigneur-- et s'emploie à créer un meilleur équilibre dans une Eglise d'1,2 milliard de baptisés.

jlv/mle/ros