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15/01/2014 02:41 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Pérou: vaste offensive antidrogue en vue dans les zones de production de coca

Le Pérou s'apprête à lancer une vaste opération d'éradication dans la zone la plus importante de production de coca, dominée par des narcotrafiquants, a annoncé mercredi la responsable de la lutte contre la drogue.

"Les détails de l'opération sont secrets, ce sera une tâche très difficile", a souligné Carmen Masias, directrice de la Commission nationale pour le développement et la vie sans drogues (Devida), un organisme public.

Lors d'une conférence de presse, la responsable a indiqué que le gouvernement péruvien envisage d'éradiquer 30.000 hectares de surfaces cultivées de coca en 2014 dans le cadre de son programme de lutte contre le trafic de drogue.

Sans entrer dans les détails, elle a indiqué que cette offensive faisait l'objet "d'une planification stratégique centralisée par un commando conjoint de forces militaires et policières".

Elle se déroulera essentiellement dans la région reculée du VRAEM, la vallée des fleuves Apurimac-Ene (sud-est), où opèrent des groupes criminels et des membres rémanents de la guérilla du Sentier lumineux, qui échappent en partie au contrôle des autorités.

Selon l'ONU, le Pérou est passé en 2012 au premier rang mondial des surfaces cultivées en feuilles de coca, devant la Colombie, mais avec une production en baisse pour la première fois en sept ans.

Selon le rapport de Devida, le Pérou a produit en 2013 un total de 128.739 tonnes de feuille de coca, dont 93% sont destinées au trafic de drogue.

En 2013, quelque 23.600 hectares ont été détruits, une surface supérieure à l'objectif de 18.000 hectares initialement fixé, selon Devida.

Mme Masias a indiqué, par ailleurs, que chaque semaine, sept à huit petits avions provenant de Bolivie ou du Paraguay se rendent dans le VRAEM et la zone centrale de Pichis Palcazu en utilisant des pistes d'atterrissage clandestines pour transporter de la pâte base de cocaïne et du chlorhydrate (ou poudre) de cocaïne à destination de la Bolivie puis du Brésil, où la consommation de drogue a augmenté.

La responsable de l'organisation a relevé qu'à Santa Cruz, la ville la plus peuplée de Bolivie, les écoles de pilotage de petits avions se multiplient. "Dans quel but?", s'est-elle interrogée, laissant entendre que certains de ces pilotes entrent illégalement au Pérou.

Une grande partie de la cocaïne est habituellement destinée à l'Europe et l'Asie, mais ces derniers temps de nouvelles routes de la cocaïne en Europe se sont ouvertes, l'une vers les pays baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie) et l'autre vers les Balkans, dont la Serbie, où récemment un conteneur de cocaïne du Pérou a été saisi, a indiqué Alberto Hart, conseiller de Devida.

Un programme a été lancé en juin dernier par la force aérienne du Pérou afin de freiner l'entrée de ces petits avions sur son territoire, a-t-il précisé.

"On ne tire pas sur les avions, il s'agit d'une interdiction aérienne", a-t-il ajouté, relevant que les appareils "sont contraints à atterrir".

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