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15/01/2014 01:39 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Le partage de nourriture forge des liens entre les chimpanzés, selon une étude

BERLIN - Les chimpanzés qui partagent sont des chimpanzés qui ont de l'affection pour leurs semblables, semble-t-il.

Une étude publiée mercredi semble confirmer que les liens d'attachement se tissent lors des repas, du moins chez nos plus proches cousins.

Des scientifiques de l'Allemagne, de Suisse, du Royaume-Uni et des États-Unis ont découvert que les chimpanzés qui partagent leur nourriture ont des taux plus élevés d'oxytocine, aussi connue sous le nom d'«hormone de l'amour», que ceux qui ne la partagent pas.

L'oxytocine a déjà été identifiée pour expliquer les liens qui se tissent entre une mère et l'enfant qu'elle allaite, tant chez les primates que chez les humains.

Des chercheurs qui étudient des dizaines de chimpanzés sauvages en Ouganda ont découvert que ceux qui donnent et ceux qui reçoivent de la nourriture ont des niveaux plus élevés d'oxytocine dans leur urine, ce qui indique que le partage est un comportement qui provoque une sensation de bien-être chez les deux parties.

Roman Wittid, de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutionniste à Leipzig, en Allemagne, a indiqué que les chimpanzés étudiés avaient des taux d'oxytocine deux fois plus élevés après avoir partagé de la nourriture qu'après une séance de toilettage mutuel, un autre important comportement d'attachement chez les primates.

«Nous pensons que le partage de nourriture peut contribuer à créer de nouvelles amitiés, tandis que le toilettage est plus une confirmation des relations existantes», a-t-il déclaré à l'Associated Press lors d'une entrevue téléphonique.

Même si aucune étude n'a encore été menée sur les niveaux d'oxytocine chez les humains après les repas, M. Wittig pense que le principe est le même.

«Nous savons depuis des décennies que la mère humaine et le bébé qu'elle allaite ont tous les deux une poussée d'oxytocine. Et si nous considérons l'allaitement comme une forme de partage de nourriture, cela signifie qu'il existe un mécanisme similaire chez les humains.»

L'étude a été publiée mercredi dans le journal scientifique «Proceedings of the Royal Society B».