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15/01/2014 06:03 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

La police arrête des «suspects» homosexuels dans quatre États du Nigeria

LAGOS, Nigeria - Une «chasse à la sorcière» dirigée vers des homosexuels a mené à des arrestations dans au moins quatre des 36 États du Nigeria, a annoncé Amnistie Internationale mercredi, mettant le blâme sur une nouvelle loi qui, selon l'organisation, a pour effet de criminaliser les organisations et les rencontres homosexuelles ainsi que les mariages entre personnes de même sexe.

Amnistie Internationale affirme que la loi néglige la question des droits de la personne et qu'en ce sens, elle s'apparente aux législations mises de l'avant par les dictateurs militaires qui ont dirigé le pays le plus peuplé d'Afrique jusqu'en 1999.

Des défenseurs des droits de la personne du Nigeria disent craindre une persécution accrue à l'endroit des homosexuels, en vertu de la loi, dans un pays reconnu pour être corrompu et où les policiers ont la réputation de procéder à des arrestations dans le but de soutirer de l'argent à leurs victimes et de les faire chanter.

Dans une déclaration officielle, Amnistie Internationale affirme que le président Goodluck Jonathan est parvenu, «grâce à un simple trait de la plume», à faire du Nigeria l'une des sociétés les moins tolérantes au monde. L'organisation basée à Londres a demandé que la loi soit annulée sans délai.

L'Associated Press a rapporté mardi que 38 personnes avaient été arrêtées depuis Noël dans l'État de Bauchi, dans le nord du pays, et que certains avaient été accusés en cour d'appartenir à une organisation homosexuelle.

Selon Amnistie Internationale, dix personnes ont été détenues depuis lundi dans quatre États du sud.