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15/01/2014 12:13 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Escarmouches entre l'armée mexicaine et des milices civiles

Le gouvernement mexicain a voulu intervenir contre les violences entre les milices et les cartels de la drogue dans l'État de Michoacan, mais la campagne s'est avérée meurtrière, tôt mardi, avec une confrontation entre soldats et civils, qui étaient armés selon des témoins.

Le bilan des victimes variait d'une source à l'autre, mais des journalistes de l'Associated Press ont dit avoir vu les corps de deux hommes qui seraient morts dans l'affrontement, et avoir parlé à la famille d'un troisième supposément mort lors du même incident.

Aucune femme ou enfant n'a perdu la vie, contrairement à ce que soutenait plus tôt un porte-parole de ces milices, des groupes d'autodéfense.

Le bureau du procureur général a dit ne pas pouvoir confirmer le nombre de morts.

La ville d'Antunez vivait encore un calme relatif, mardi, et les groupes d'autodéfense demeuraient armés et en contrôle.

À Apatzingan, des centaines de policiers fédéraux dans des camions équipés de mitrailleuses, des blindés et des autocars circulaient au cœur de la ville sous les regards des résidents.

L'analyste de la sécurité Alejandro Hope, qui œuvrait précédemment pour les services de renseignement du pays, a qualifié la stratégie du gouvernement dans l'État de Michoacan de « désastre ».

Après avoir initialement arrêté les membres des groupes d'autodéfense, il y a quelques mois, le gouvernement fédéral a semblé travailler de pair avec eux ces derniers temps.

L'armée et la police fédérale ont fourni une aide par hélicoptère et des patrouilles routières, sans intervenir dans les combats, tandis que les groupes d'autodéfense attaquaient les membres des cartels.

« La semaine dernière, ils protégeaient les milices. Le secrétaire [du gouvernement du Mexique, Miguel Angel Osorio Chong] avait pratiquement dit qu'elles étaient utiles... et maintenant ils vont les abattre à feu et à sang », s'est interrogé M. Hope, directeur des politiques de sécurité à l'Institut de la concurrence du Mexique.

Le gouvernement est en désaccord avec ce point de vue, a dit un responsable au ministère de l'Intérieur n'étant pas autorisé à s'identifier auprès des médias.

« C'est une stratégie qui est ajustée, modifiée en fonction de ce qui se passe sur le terrain », a exprimé ce responsable.

Le gouvernement a envoyé plus de troupes et des agents fédéraux, tard lundi, pour reprendre le contrôle d'un secteur connu sous le nom de Tierra Caliente (Terre chaude) après des journées de violences entre les milices et les membres d'un cartel.