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15/01/2014 03:24 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Chine: Huawei assure que la NSA n'a pas déjoué la sécurité de ses équipements

Le géant chinois de l'électronique Huawei a démenti mercredi des informations de presse selon lesquelles la sécurité de ses équipements télécoms pouvait être déjouée par la NSA, l'agence américaine de sécurité nationale, à des fins d'espionnage.

Il n'y a eu "aucun incident de réseau (de télécommunications) provoqué par des failles de la sécurité" des produits et infrastructures de Huawei, a indiqué Cathy Meng, directrice financière du groupe, lors d'une conférence de presse à Pékin.

Elle était interrogée sur une enquête publiée fin décembre par l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, selon laquelle la NSA pouvait infiltrer les systèmes et produits de plusieurs grands groupes technologiques, dont Huawei et les américains Cisco et Juniper Networks.

Le magazine fonde ses informations sur des rapports internes et confidentiels de l'agence américaine.

"Ces accusations sont sans fondement, et nous ne pouvons pas les accepter", a insisté Mme Meng.

Huawei, fondé par un ancien ingénieur de l'armée chinoise, s'était vu interdire l'accès à des projets d'infrastructures aux Etats-Unis et en Australie pour des raisons de sécurité, sur fond de crainte que ses équipements soient utilisés pour de l'espionnage ou des attaques informatiques... au profit de Pékin.

De son côté, le gouvernement britannique avait décidé mi-décembre de "renforcer" la surveillance de Huawei en donnant notamment un "rôle de premier plan" aux services britanniques de surveillance dans la gestion d'un centre d'évaluation de la sécurité du groupe.

Huawei est associé au Royaume-Uni à British Telecom (BT), et ses équipements servent à transmettre appels téléphoniques et données à travers tout le pays.

Outre les équipements télécoms, Huawei est également le troisième fabricant mondial de smartphones.

Désireux de muscler son développement à l'international sur ce créneau, Huawei avait lancé en juin 2013 à Londres un nouveau "téléphone intelligent", présenté comme le plus fin au monde.

Huawei a par ailleurs annoncé mercredi qu'il s'attendait à un chiffre d'affaires s'élevant jusqu'à 240 milliards de yuans (29 milliards d'euros) l'an dernier, en hausse de 8% sur un an. Son résultat opérationnel a bondi de plus de 45%.

Le groupe publiera ses résultats annuels définitifs au printemps. Huawei avait indiqué tabler sur une croissance annuelle de 10% de son chiffre d'affaires sur les cinq prochaines années.

Pour contrer sa réputation d'opacité et les soupçons d'espionnage, le fondateur de Huawei, Ren Zhengfei, avait donné l'an dernier sa toute première interview en plus d'un quart de siècle, et rappelé que le rôle du groupe se limitait à poser "des tuyaux", sans contrôle ni responsabilité quant à la nature des informations qui y circulaient.

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