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15/01/2014 01:16 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Berlin aimerait un accord de non-espionnage entre Européens (presse)

Les services secrets allemands tentent de convaincre leurs homologues européens de signer un accord dans lequel ils s'engageraient tous à ne pas s'espionner mutuellement, révèle le quotidien Süddeutsche Zeitung à paraître vendredi.

Selon le SZ, trois rencontres confidentielles ont lieu ces derniers mois à Berlin sur ce projet.

Cet accord interdirait aussi bien l'espionnage politique que l'espionnage économique, poursuit le journal bavarois.

Berlin vise particulièrement les services britanniques de surveillance GCHQ, pointés du doigt dans les documents révélés au grand jour par Edward Snowden, un ancien consultant de l'agence américaine NSA, pour leur interception de communications téléphoniques et de courriers électroniques en Allemagne.

Les services secrets français seraient, eux, particulièrement redoutés pour leur espionnage économique ciblé, selon le journal.

L'accord envisagé laisserait toutefois la possibilité de procéder à des écoutes dans des cas strictement définis: lutte contre le terrorisme ou contre la propagation des armes de destruction massive.

L'idée d'un accord européen était née d'un projet similaire entre l'Allemagne et les États-Unis, qui serait sur le point de capoter en raison des réticences américaines, selon la presse, même si des deux côtés on a assuré que les négociations se poursuivaient.

D'autres membres de l'Union européenne avaient demandé à participer aux négociations pour bénéficier également de ce texte, mais Berlin avait refusé, trouvant les pourparlers bilatéraux avec Washington déjà suffisamment compliqués comme ça, rapporte le SZ.

Les services secrets allemands du BND avaient alors invité leurs homologues européens à des négociations formelles.

La chancelière Angela Merkel avait suggéré que soient établis des "standards européens communs pour les services secrets", et confié au BND la tâche de les négocier, a indiqué une porte-parole du gouvernement allemand au SZ.

Toutefois, si les objectifs sont largement partagés, certains pays, au premier rang desquels la Grande-Bretagne, refusent de s'engager sur un accord formel et on se dirigerait plutôt vers une déclaration commune, conclut le SZ.

hap/ai