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15/01/2014 10:28 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Arrêté pour des menaces contre l'Assemblée nationale en lien avec la charte

Un Montréalais de 58 ans a été arrêté pour avoir proféré des menaces contre l'Assemblée nationale du Québec, en lien avec la charte des valeurs.

Daniel Seniw a suggéré sur le réseau social Facebook de mettre un terme au débat sur la charte à l'aide d'un fusil d'assaut au Parlement.

« Je vois un AK-47 marcher dans l'Assemblée nationale encore et cette question sera chose du passé!! », a-t-il écrit sur Facebook.

« Ces personnes jouent des jeux pour leur propre bénéfice pendant que nous sacrifions l'argent de nos impôts pour soutenir cette merde!!! », a-t-il ajouté.

Dans son commentaire, Daniel Seniw fait référence à l'attentat commis par Denis Lortie, qui est entré dans l'Assemblée nationale avec une mitraillette le matin du 8 mai 1984. Le militaire avait l'objectif d'assassiner René Lévesque, qui était alors premier ministre. L'attaque a fait trois morts et 13 blessés.

Devant la justice jeudi

La Sûreté du Québec a procédé à l'arrestation de Daniel Seniw en collaboration avec le Service de police de la Ville de Montréal.

Il comparaîtra jeudi au palais de justice de Montréal. Le suspect sera accusé d'avoir proféré des menaces.

Daniel Seniw a fait son commentaire sur la page d'un groupe Facebook privé intitulé « Quebec Anglophone Community - Communauté anglophone du Québec ». Il commentait une nouvelle qui soulevait d'éventuels enjeux électoraux reliés à la charte des valeurs.

Claude J. Roy, un membre de ce groupe, a été un des premiers internautes à réagir à la publication du commentaire.

« J'ai fait la capture d'écran pour faire circuler et garder une preuve », dit-il en entrevue téléphonique. « Je lui ai dit que ça allait être déclaré, puis [...] on a commencé à faire circuler. » Il comptait avertir la SQ, mais il n'a finalement pas eu besoin de le faire.

Claude J. Roy affirme surveiller la publication de commentaires haineux sur les réseaux sociaux depuis qu'il a été témoin de la fusillade au Métropolis, le soir des élections provinciales en septembre 2012.

Selon lui, le créateur du groupe en question modère généralement les commentaires, mais pas toujours. « Cette page-là, je la surveille depuis plusieurs semaines, [...] j'y voyais monter le radicalisme », affirme-t-il.

« Il y en a qui sont dans la lutte politique, ce qui est correct, [...] il y en a qui manquent de jugeote », dit M. Roy à propos des membres de ce groupe Facebook.

Dans un communiqué, la SQ rappelle que de « proférer des menaces, peu importe l'intention, et même sur Internet, constitue un acte criminel qui est pris au sérieux ». La police provinciale insiste pour dire que l'auteur de « tout propos haineux ou menaçant » sera retrouvé et fera l'objet d'une enquête.