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15/01/2014 11:56 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Affaire Duvalier: deux organisations dénoncent la lenteur des procédures

PORT-AU-PRINCE, Haïti - Deux importantes organisations de défense des droits de la personne ont dénoncé, mercredi, la lenteur des procédures criminelles intentées contre l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier.

Dans un communiqué commun, Human Rights Watch et Amnistie internationale affirment que l'ancien président, plus connu sous le nom de Bébé Doc, échappe à la justice à cause «d'un manque de volonté politique et de délais judiciaires inacceptables».

En 2012, un juge avait statué que Jean-Claude Duvalier pouvait être jugé pour des accusations de détournement des fonds publics, mais avait rejeté le dossier portant sur les violations des droits de la personne, citant la prescription. L'ex-dictateur conteste les accusations de détournement, tandis que les plaignants font appel du jugement portant sur les violations des droits de la personne.

L'an dernier, la cour d'appel chargée du dossier a entendu les témoignages de M. Duvalier et de plusieurs victimes, qui ont raconté avoir été torturées sous le régime de Bébé Doc, de 1971 à 1986. La décision de la cour d'appel est suspendue depuis le mois de mai, en attendant certaines procédures qui n'ont pas été précisées, déplorent les deux organisations, en citant plusieurs sources.

«Il semble que les autorités haïtiennes n'aient aucune intention de mener des enquêtes exhaustives sur les abus commis durant l'ère Duvalier», a déclaré Javier Zuniga, d'Amnistie internationale, dans le communiqué.

Le président d'Haïti, Michel Martelly, a déjà dit qu'il était ouvert à la possibilité d'accorder un pardon à Jean-Claude Duvalier, dans le cadre d'un vaste effort de réconciliation nationale. Il a aussi affirmé qu'il revenait au système judiciaire de gérer cette affaire.

Le principal juge chargé du dossier, Jean-Joseph Lebrun, n'a pas pu être joint pour commenter la situation.

Jean-Claude Duvalier, aujourd'hui âgé de 62 ans, est revenu en Haïti le 16 janvier 2011, après 25 ans d'exil en France.

Il n'avait que 19 ans quand il a pris le pouvoir après la mort de son père, François, dit Papa Doc. Human Rights Watch estime que les Duvalier père et fils ont ordonné le meurtre de 20 000 à 30 000 civils durant leur règne de 29 ans.

L'ancien dictateur a fait plusieurs sorties publiques depuis son retour en Haïti. Il était notamment présent lors d'une cérémonie pour souligner l'indépendance d'Haïti, le 1er janvier, ce qui a suscité les condamnations des plaignants. Il s'affaire aussi à rénover une résidence à Pétionville, en banlieue de Port-au-Prince.