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14/01/2014 01:21 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Syrie: un ministre palestinien accuse les rebelles de bloquer l'aide à Yarmouk

Le ministre palestinien du Travail a accusé les "terroristes" qui veulent renverser le président Bachar al-Assad de bloquer l'accès de l'aide au camp de réfugiés de Yarmouk, dans le sud de Damas.

Lors d'une conférence de presse à Damas, Ahmad Majdalani a repris la phraséologie du régime qui assimile les rebelles à des "terroristes" et s'est indigné que des milliers de Palestiniens vivant dans ce camp en ruines soient utilisés comme otages dans le conflit syrien.

A l'inverse, les militants de Yarmouk ont rejeté la responsabilité du blocage de l'entrée des convois d'aide sur les groupes palestiniens favorables au régime et aux forces loyalistes.

Selon M. Majdalani, un convoi d'aide qui faisait route lundi vers Yarmouk a été la cible de tirs "à quelque 100 mètres du point de rencontre agréé, en lisière du camp".

S'en prenant directement aux groupes rebelles, il a ajouté: "l'origine des tirs est connue, elle se trouve (dans un secteur) contrôlé par le Front al-Nosra, Ahrar al-Cham et Souqour al-Golan. Les méthodes de ces groupes sont connues ainsi que leurs liens avec le terrorisme".

Le ministre, qui effectue une visite à Damas pour tenter de négocier l'accès d'une aide humanitaire au camp, a également affirmé que les Palestiniens "de partout savent que ceux qui ont pris le camp en otage sont ces groupes et non les autorités syriennes".

Cette déclaration tranche avec l'animosité réciproque depuis des décennies entre la Syrie et l'OLP. En 1983, Yasser Arafat avait même été expulsé de Damas par Hafez al-Assad. Le volte-face du Hamas, ancien allié du régime et rival de l'OLP, qui a choisi le camp de la rébellion a conduit au rapprochement avec la centrale palestinienne.

Les groupes rebelles ont pris le contrôle de la plus grande partie du camp depuis plus d'un an. Depuis plusieurs mois, l'armée impose un siège drastique aux quelque 20.000 Palestiniens qui s'y trouvent.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), au moins 45 personnes sont mortes de disette et de manque de soins ces derniers mois.

La dernière victime est un homme décédé mardi, selon cette organisation qui s'appuie sur un réseau de militants et de médecins en Syrie.

Lundi, pour la sixième fois un convoi n'a pas pu entrer dans le camp.

Des sources palestiniennes ont indiqué à l'AFP que les convois avaient été bloqués par des tirs, sans préciser les auteurs.

Le convoi de six camions transportait 1.700 rations de nourriture pesant chacune 30 kg, pouvant servir à une famille pendant vingt jours.

En revanche les comités de coordination rebelle du camp ont jeté la faute sur les partisans de Bachar al-Assad.

"Le régime syrien et le Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG pro-régime) ont déclenché un accrochage visant les Palestiniens et d'autres, afin de poursuivre leur honteuse politique de famine", a affirmé un groupe d'activiste sur Facebook.

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