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14/01/2014 03:06 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

Syrie: tous les acteurs régionaux doivent être associés à Genève II, réclame le Vatican

Un cessez-le-feu sans préconditions et la participation de "tous les acteurs régionaux" doivent contribuer au succès de Genève II, a préconisé le Saint-Siège à l'issue de la réunion d'un groupe d'experts au Vatican.

Cette prise de position a été rendue publique dans la nuit de lundi à mardi à quelques heures d'une visite du secrétaire d'Etat américain John Kerry au Vatican, où il devrait aborder la question syrienne et les efforts pour relancer le processus israélo-palestinien.

M. Kerry, catholique, doit être reçu par le secrétaire d'Etat, Pietro Parolin.

L'Académie pontificale des sciences, qui a organisé cette réunion exceptionnelle en présence d'experts catholiques et non catholiques, à la demande de François, a estimé que "le premier pas et le plus urgent devrait être un cessez-le-feu immédiat et la fin de violences de toutes sortes, sans préconditions politiques".

"Un chemin de reconstruction doit s'engager avant même que toutes les questions politiques et sociales soient résolues", estime le Vatican.

Etant donné "la tradition complexe et admirable du pluralisme des religions, des communautés ethniques et des cultures" en Syrie, le Saint-Siège "est déterminé à soutenir toutes les confessions religieuses et les communautés pour qu'elles trouvent une nouvelle entente".

Pour cela, cependant, "toutes les puissances étrangères devraient stopper l'afflux des armes et le financement des armes", demande le Saint-Siège.

"Pour construire le fondement d'une paix régionale, Genève II doit assurer la participation inclusive de toutes les parties au conflit, dans la région et au delà", préconise par ailleurs le Saint-Siège, sous-entendant notamment l'Iran.

Il mentionne "l'importance vitale" du récent accord de Genève sur le programme nucléaire iranien.

Cet accord laisse espérer la fin d'"une période de grave méfiance entre l'Iran et les autres nations de la région", et son succès "procurerait un fondement vital pour une paix durable en Syrie".

De même "une percée dans les négociations de paix israélo-palestiniennes facilitées par les Etats-Unis" aideraient à la pacification de la Syrie, observe-t-il.

Fin décembre, le président syrien Bachar al-Assad avait fait parvenir un message au pape François. Selon l'agence officielle Sana, il y remerciait le pape pour sa position sur la Syrie "confrontée à une agression", et affirmait que toute solution au conflit doit passer par "un dialogue national entre les Syriens, sans interférences étrangères".

Le Saint-Siège est soucieux de montrer son attachement à un modèle interconfessionnel qui est celui du Liban et a été celui de la Syrie. Une majorité des chrétiens de Syrie se sont rangés aux côtés du régime Assad par peur de l'islamisme, mais Rome juge que seule l'inclusion de toutes les forces --sunnites, chiites, chrétiennes, etc, -- au niveau syrien et au niveau régional, peut ramener la paix.

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