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14/01/2014 06:56 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

L'urgence de l'Hôpital du Suroît déborde

Le syndicat des infirmières de l'hôpital du Suroît, à Salaberry-de-Valleyfield, sonne l'alarme.

Un texte de Philippe Marcoux

Le taux d'occupation des civières à l'urgence dépasse 300 % et les infirmières affirment ne pas avoir le personnel ou les ressources nécessaires pour répondre à la demande.

La situation serait due principalement au manque de lits à l'hôpital lui-même, causé par un manque de place dans les centres de soins de longue durée très en demande, alors que la population vieillit.

Les infirmières de l'Hôpital du Suroît décrivent une situation à l'urgence devenue tout simplement dangereuse. Elles ne comptent plus les heures de travail supplémentaires. Elles doivent prodiguer des soins à des patients dans les couloirs et régulièrement prendre des décisions sur la base du manque de ressources plutôt que de l'état du patient.

Selon le syndicat des infirmières, la situation déjà critique il y a plusieurs mois est devenue simplement intolérable.

« La situation critique dure depuis septembre-octobre », déplore Florence Thomas, conseillère syndicale à la FIQ (Fédération interprofessionnelle de la santé), « il n'y a rien qui avance ». Elle explique que la limite réglementaire de 22 civières est de loin dépassée pour atteindre 50 voire 60. « La moitié des civières est occupée par des patients qui attendent une consultation de médecin de famille. », dit-elle.

La situation des urgences de l'Hôpital du Suroît est multifactorielle selon la FIQ : manque de médecins de famille dans la région, manque de planification des besoins régionaux et d'équilibre de l'offre. La croissance démographique importante de la région n'arrange rien. Plusieurs patients de la région de Vaudreuil-Dorion se déplacent à l'Hôpital du Suroît faute de service.

Le directeur général de l'hôpital reconnaît que la pression est énorme sur tous les services.

Mais selon le directeur général de l'agence régionale de santé, l'hôpital ne manque pas de ressources.

Selon lui, la solution à court terme est de désengorger l'urgence grâce notamment à de meilleurs soins à domicile et à des ressources accrues pour les médecins en cabinet. Il ajoute qu'un plan d'action à plus long terme est déjà en place et que des projets visant à aider l'Hôpital du Suroît devraient être annoncés sous peu par le ministère de la Santé.