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14/01/2014 05:41 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

François Hollande sommé de s'expliquer sur sa vie privée

Très impopulaire, François Hollande devait faire face mardi à un feu roulant de questions sur sa vie privée après la révélation de sa liaison avec une actrice, lors d'une conférence de presse initialement organisée pour préciser son cap politique.

Le président socialiste tiendra la troisième conférence de presse de son mandat devant 500 journalistes, qui l'interrogeront sur ces deux fronts délicats après une année 2013 politiquement désastreuse et avant des élections municipales en mars.

La conférence, pendant laquelle François Hollande, 59 ans, sera notamment interrogé sur les conséquences de sa liaison avec l'actrice Julie Gayet, 41 ans, doit commencer à 15H30 GMT et durer plus de deux heures.

C'est au président de l'Association de la presse présidentielle que reviendra de poser la première question. Comme le veut la pratique en France, seuls les sujets des deux ou trois premières questions sont définis à l'avance après discussions entre la presse et l'Elysée.

"Hollande attendu au tournant" (Figaro), "la pression monte sur François Hollande" (Le Parisien), "Faites entrer l'accusé" (Métronews)... La presse quotidienne nationale comme régionale mardi avait un ton inhabituellement virulent pour sommer le président de clarifier la position du couple présidentiel.

Il "va devoir s'expliquer. Sans casque de moto ni faux-fuyants", ironise le quotidien régional Sud Ouest, alors que pour Ouest France, cette affaire des "escapades peu présidentielles" souligne "l'aspect de sa personnalité qui lui est le plus reproché, sa difficulté à incarner la clarté et l'autorité".

"François Hollande peut-il encore imprimer sa marque sur le cours des choses alors même que tout paraît lui filer entre les doigts ?", demande La Charente libre, un quotidien du centre-ouest.

Le vif mécontentement des Français sur la pression fiscale, le taux de chômage et les restructurations a fait plonger depuis des mois le taux de popularité du président et de son gouvernement socialo-vert. Selon les dernières enquêtes, le chef de l'Etat continue de n'être soutenu que par seulement un quart de la population.

"Besoin de plus de repos"

Valérie Trierweiler, la compagne du président, hospitalisée depuis vendredi après les révélations du magazine Closer sur la liaison de François Hollande, n'a pas quitté lundi soir l'hôpital comme cela était prévu. "Les médecins estiment qu'elle a besoin de plus de repos", a-t-on précisé à son cabinet à l'Elysée, sans s'avancer davantage sur la durée probable de son hospitalisation.

Tant que cette hospitalisation se poursuit, une clarification du président sur sa vie privée semble difficile.

Plusieurs membres de l'entourage politique du président se sont relayés pour rappeler l'objectif de ce rendez-vous politique: parler des sujets qui préoccupent les Français.

La conférence de presse "n'a pas pour objectif de parler de ce qui a pu être publié dans un magazine", a résumé le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll.

Son ancienne compagne, la socialiste Ségolène Royal, a appelé à "tourner la page et à se remettre au travail".

La conférence de presse est attendue par le patronat depuis l'annonce le 31 décembre d'un "pacte" proposé aux entreprises, une initiative analysée comme une nouvelle politique économique social-libérale.

Le président a proposé aux entreprises ce pacte fondé sur "un principe simple: moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et, en même temps, une contrepartie, plus d'embauches et plus de dialogue social".

La Centrafrique, où les militaires français peinent à restaurer une paix durable, et la Syrie, avant une conférence de paix prévue en Suisse à partir du 22 janvier, devraient alimenter le volet international de sa conférence.

Si dans son immense majorité la classe politique considère que l'affaire de sa liaison relève avant tout de la vie privée, des interrogations ont surgi sur sa sécurité ou son image.

Dans son édition datée de mardi, le quotidien Le Monde n'hésite pas à parler de "dysfonctionnements" des services, incapables de déceler les paparazzi devant l'appartement abritant les amours de François Hollande à deux pas de la présidence.

"On voit bien qu'il y a un impact public, au moins sur un plan: la sécurité du président", a observé le coprésident du parti de gauche (opposition), Jean-Luc Mélenchon. Le président du principal parti d'opposition de droite UMP, Jean-François Copé, a lui jugé "tout cela désastreux pour l'image de la fonction présidentielle".

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