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14/01/2014 03:15 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

France : Hollande promet une clarification prochaine sur son couple

Le président français François Hollande, très impopulaire et dans la tourmente sur sa vie privée, a reconnu mardi que son couple traversait des moments "douloureux" et promis une clarification rapide après la révélation de sa liaison avec une actrice.

Alors que cette affaire parasite largement son action, M. Hollande a tenté de centrer son intervention devant la presse sur sa politique économique annonçant un nouvel allègement fiscal de 30 milliards d'euros pour les entreprises avec lesquelles il entend conclure d'ici au printemps un "pacte de responsabilité" pour relancer l'emploi.

Au cours de la troisième conférence de presse de son mandat, il a également confirmé son objectif de parvenir à 50 milliards d'euros d'économies supplémentaires entre 2015 et 2017.

Devant 500 journalistes français et étrangers, sommé de s'expliquer après la publication vendredi par le magazine Closer de photos de ses escapades avec l'actrice française Julie Gayet, 41 ans, le chef de l'Etat s'est montré sur la défensive, parfois sec.

Dès la première question, il a dû évoquer l'avenir en tant que "Première Dame" de Valérie Trierweiler, sa compagne depuis 2005.

"Chacun dans sa vie personnelle peut traverser des épreuves. C'est notre cas, ce sont des moments douloureux", a répondu le président français, âgé de 59 ans.

Il a cependant refusé de dire si Valérie Trierweiler, 48 ans, était toujours sa compagne. "J'ai un principe, c'est que les affaires privées se traitent en privé, dans une intimité respectueuse de chacun", a-t-il insisté. "Ce n'est donc ni le lieu, ni le moment de le faire. Mais si je ne répondrai à aucune question aujourd'hui sur le sujet, je le ferai avant" une visite d'Etat prévue aux Etats-Unis le 11 février.

Mme Trierweiler, hospitalisée depuis vendredi pour un "coup de blues" après les révélations de Closer, a été invitée à ce déplacement. Interrogé sur son état de santé, François Hollande s'est montré très sec. "Elle se repose et je n'ai pas d'autre commentaire à faire", a-t-il dit.

"Indignation totale"

Depuis le début de cette affaire, observateurs et hommes politiques, notamment dans l'opposition, accusent le chef de l'Etat de saper la fonction présidentielle.

M. Hollande a indiqué qu'en théorie il aurait pu attaquer le magazine en justice mais qu'il se "retient" de toute poursuite judiciaire du fait de son immunité. "Je suis protégé par une immunité" et "on ne peut pas m'attaquer. Puis-je attaquer les autres?", a-t-il demandé, en faisant part de son "indignation totale" à l'égard de l'hebdomadaire.

Il a par ailleurs affirmé que sa sécurité était pleinement assurée lors de ses déplacements privés, alors que les critiques et l'opposition ont dénoncé des manquements dans ce domaine.

Selon les photos de Closer, pour retrouver Julie Gayet, François Hollande se déplaçait à bord d'un scooter conduit par un garde du corps. Une seconde équipe de gardes du corps assurait une protection rapprochée, mais la facilité avec laquelle un paparazzi a pu prendre les photos a posé la question de l'efficacité de la sécurité du chef de l'Etat.

"Partout ma sécurité est assurée et à tous moments, lorsque je me déplace officiellement, en France, à Paris, dans le monde ou quand je me déplace à titre privé, forcément avec une protection qui est moins étoffée", a-t-il dit.

Cette affaire tombe mal pour le président français, après une année 2013 politiquement désastreuse et avant des élections municipales difficiles en mars.

Le vif mécontentement des Français sur la pression fiscale, le taux de chômage et les restructurations ont fait plonger depuis des mois le taux de popularité de M. Hollande et de son gouvernement socialo-vert. Selon les dernières enquêtes, le chef de l'Etat continue de n'être soutenu que par seulement un quart de la population.

"La France doit impérativement retrouver de la force économique", a souligné François Hollande, qui a reconnu ne pas avoir "encore gagné la bataille pour l'emploi". Il s'était engagé à inverser la courbe du chômage avant la fin de l'année 2013.

Dans un propos liminaire, le chef d'Etat a précisé les contours du "pacte de responsabilité" évoqué lors de ses voeux aux Français le 31 décembre, assurant qu'il s'agirait du "plus grand compromis social depuis des décennies".

Assumant l'étiquette de "social-démocrate", le président socialiste a réfuté l'idée qu'il puisse être "gagné par le libéralisme", comme certains commentateurs l'ont écrit.

Le chef de l'opposition de droite, Jean-François Copé, a réagi aux déclarations du président en s'interrogeant sur la "crédibilité" de François Hollande, jugeant qu'il n'avait "cessé de faire l'inverse" de ce qu'il a dit et qualifiant le pacte de responsabilité de "nouvelle usine à gaz".

Et la gauche radicale (Front de gauche) a accusé dans un communiqué François Hollande de "céder définitivement aux sirènes du libéralisme".

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