NOUVELLES
14/01/2014 11:00 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Décodage du génome du criquet, l'ennemi des cultures

Des chercheurs chinois publient mardi dans la revue Nature Communications une ébauche de séquençage du génome du criquet qui pourrait ouvrir de nouvelles pistes pour lutter contre cet insecte ravageur.

L'équipe de Le Kang, de l'Institut de Zoologie de l'Académie Chinoise des Sciences (Pékin) a séquencé plus précisément le génome du criquet migrateur (Locusta migratoria), qui fait partie de la tribu des locustes, des espèces qui peuvent se multiplier rapidement et se déplacer sur de longues distances sous forme d'essaims, ravageant végétaux et cultures.

Les résultats présentés ne constituent qu'une première ébauche de la séquence du génome du criquet migrateur, mais ils représentent 6,5 gigaoctets, soit le plus grand génome animal séquencé jusqu'ici.

Les chercheurs ont montré de nombreux éléments répétitifs (au moins 60%) dans le génome du Locusta migratoria, qui expliquent en partie sa grande taille.

"Nous avons trouvé une expansion significative de familles de gènes associées à la consommation d'énergie et la détoxification, cohérentes avec la capacité à voler sur de longues distances et la phytophagie", ont déclaré les scientifiques.

Ils ont également identifié "des centaines de gènes cibles potentielles pour des insecticides".

Les criquets peuvent voler sur des centaines de kilomètres chaque jour. Lorsqu'un essaim de milliards d'individus s'abat de manière totalement imprévisible sur une région, il peut causer des dégâts considérables aux cultures.

Un seul insecte consomme en effet son propre poids de nourriture en une journée, ce qui représente, proportionnellement, 60 à 100 fois la consommation quotidienne de l'homme.

Depuis la naissance de l'agriculture, les invasions de criquets sont considérées comme l'une des catastrophes naturelles les plus dévastatrices, décrites comme un fléau source de famine et de conflits dans la Bible ou le Coran.

Aujourd'hui encore, elles continuent à semer la destruction et la pauvreté.

A l'heure actuelle, seul le traitement par pulvérisation intensive de pesticides chimiques est efficace, mais son utilisation est controversée, en raison de son impact négatif sur la santé humaine, l'environnement et la biodiversité.

vm/pjl/sd