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14/01/2014 09:37 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Colombie : le président prononcera la destitution du maire de Bogota sauf contre-ordre judiciaire

En Colombie, le président Juan Manuel Santos prononcera la destitution du maire de Bogota, Gustavo Petro, sanctionné par une autorité administrative, sauf en cas de contre-ordre judiciaire, a annoncé mardi le gouvernement.

Ex-guérillero devenu symbole de la gauche, M. Petro a été sanctionné par la "procuradoria", un organisme public chargé du contrôle des fonctionnaires, qui a confirmé lundi sa destitution et son inéligibilité pendant 15 ans, pour une passation de marché jugée illégale dans le domaine du ramassage des ordures.

"Il est clair pour le gouvernement qu'il doit respecter la décision de la +procuradoria+, à moins qu'il existe un ordre contraire", a déclaré le ministre de la Justice, Alfonso Gomez à la presse, en allusion à une éventuelle décision judiciaire.

Selon M. Gomez, la notification au président Santos de la sanction administrative contre le maire peut prendre plusieurs semaines et le chef de l'Etat dispose ensuite d'un délai de dix jours pour publier le décret exécutant cette décision.

La destitution de M. Petro provoque une vive polémique dans le pays, le maire dénonçant un complot contre la gauche et contre le processus de paix en cours avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui a été promu par l'actuel président.

L'élu a appelé lundi à une "mobilisation permanente" dans la capitale où des rassemblements de soutien ont déjà eu lieu, et il a appelé le chef de l'Etat à la "sérénité" avant de prendre la décision d'exécuter ou non sa sanction.

Ancien membre de la guérilla urbaine du M-19 (Mouvement du 19 avril), dissoute en 1990, cet économiste de 53 ans avait été investi en janvier 2012 pour un mandat de quatre ans à la tête de cette ville de sept millions d'habitants.

Des recours ont été introduits pour contester la décision dont il fait l'objet auprès d'un tribunal administratif et de la "procuradoria". La Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a également été saisie à Washington par l'équipe municipale.

Parallèlement, un référendum posant la question du maintien du maire a été convoqué pour le 2 mars, à l'initiative d'opposants, qui ont réuni suffisamment de signatures pour obtenir l'organisation d'un tel scrutin.

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