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13/01/2014 05:55 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

Sables bitumineux: Neil Young répond aux critiques du gouvernement Harper

Neil Young a réitéré lundi ses critiques envers le gouvernement conservateur et les sables bitumineux albertains, répondant ainsi point par point à une déclaration du porte-parole du premier ministre Stephen Harper.

Le chanteur folk rock canadien avait tenu dimanche une conférence de presse à Toronto au cours de laquelle il a comparé la zone industrielle de Fort McMurray à la dévastation d'Hiroshima provoquée par la bombe atomique en 1945, et a dit être « embarrassé » par ce gouvernement canadien qui « brade son intégrité contre de l'argent ».

La conférence de presse de dimanche visait à donner le coup d'envoi au premier de quatre concerts visant à soutenir une nation autochtone de l'Alberta qui combat l'exploitation des sables bitumineux.

Jason MacDonald, porte-parole de M. Harper, a aussitôt rétorqué, dimanche, que le secteur des ressources naturelles constitue un « élément fondamental » de l'économie canadienne, et que le « train de vie des vedettes du rock » s'appuyait, en partie, sur les ressources exploitées « par des milliers de Canadiens qui triment dur chaque jour ».

Lundi, M. Young a contre-attaqué, précisant que sa querelle avec Ottawa découlait du fait que le gouvernement « violait » les traités avec les Premières Nations et « pillait » les ressources auxquelles les Autochtones ont droit.

Le chanteur, âgé de 68 ans, a par ailleurs souligné que « les vedettes du rock n'ont pas besoin de pétrole », lui-même avait conduit de la Californie jusqu'au secteur des sables bitumineux en Alberta, puis jusqu'à Washington « sans utiliser une seule goutte de pétrole ».

Se défendant de s'en prendre aux travailleurs, la vedette canadienne a plutôt déversé son fiel sur l'industrie qui les emploie. « Celle-ci creuse un fossé dont nos petits-enfants auront de la difficulté à sortir. Il existe de meilleurs emplois qui peuvent être développés, ainsi que des industries utilisant des sources d'énergie propre pour nous aider à faire du monde un endroit plus sûr pour nos petits-enfants », a-t-il estimé.

L'artiste canadien s'en est aussi pris aux effets environnementaux « toxiques » de l'exploitation des sables bitumineux, tout en notant que « le pétrole n'est pas destiné au Canada, mais à la Chine, où le niveau de pollution de l'air dépasse de 30 fois les concentrations jugées sûres par l'Organisation mondiale de la santé ».

« Est-ce tout ce que le Canada représente? », s'est-il demandé. « En tant que citoyen canadien, je crains que notre gouvernement n'agisse pas en suivant les principes dictés par la science ».

Quant à l'affirmation de M. MacDonald voulant que le Canada « reconnaisse l'importance de l'exploitation responsable des ressources », et qu'Ottawa « continue de s'assurer que les lois et normes environnementales canadiennes demeurent rigoureuses », M. Young parle carrément d'hypocrisie de la part du gouvernement. « Les lois environnementales canadiennes ne sont d'aucune importance si elles ne sont pas respectées », a-t-il lâché.

Greenpeace jubile

Chez Greenpeace, le responsable de la campagne Climat-Énergie et Arctique, Patrice Bonin, s'est réjoui que cette sortie de Neil Young permettra « de rejoindre un tout autre public », car la vedette projette « une aura » d'influence autour de lui.

La tournée de sensibilisation du chanteur « aura beaucoup d'impact », reconnaît M. Bonin, d'autant plus que Neil Young « met beaucoup l'accent sur les impacts sur les Autochtones, sur les gens qui vivent au sein des sables bitumineux et qui sont affectés par leur développement ».

« On parle souvent de l'effet environnemental des sables bitumineux, mais on oublie parfois l'impact sur les populations locales : les sables sont aussi problématiques pour l'empiétement sur les territoires ancestraux et l'accès à l'eau », a soutenu M. Bonin.

Si l'organisme environnemental travaille en collaboration avec les populations autochtones albertaines, Greenpeace n'est cependant pas en partenariat avec Neil Young, a précisé M. Bonin à La Presse Canadienne dans une entrevue téléphonique.