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13/01/2014 08:05 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

Russes et Américains appellent à un cessez-le-feu limité en Syrie avant la conférence de paix

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, ont appelé lundi à Paris à un « cessez-le-feu limité » en Syrie avant la conférence de paix de Genève 2, qui doit s'ouvrir le 22 janvier. Il s'agit d'une des revendications de l'opposition syrienne.

Les deux hommes ont évoqué la possibilité d'un cessez-le-feu « localisé » qui pourrait commencer à être appliqué à Alep, dans le nord du pays, a précisé John Kerry.

De son côté, le gouvernement du président Bachar Al-Assad pourrait accepter l'ouverture de « corridors humanitaires » pour venir en aide à la population civile syrienne, notamment dans la Ghouta orientale, à la périphérie de Damas, a déclaré le chef de la diplomatie russe à son homologue américain.

Les États-Unis et la Russie mettent à Paris la dernière main à la préparation de la conférence de paix de Genève, qui vise à mettre fin au conflit qui fait rage en Syrie depuis bientôt trois ans.

La participation iranienne à Genève 2 incertaine

Le rôle de l'Iran, proche allié de Damas, est aussi un des éléments clés des discussions en cours à Paris.

M. Lavrov et l'envoyé spécial de la Ligue arabe et de l'ONU pour la Syrie, Ladhkar Brahimi, ont plaidé pour la participation de l'Iran à cette conférence, à laquelle s'opposent jusqu'à présent les États-Unis.

L'Iran sera « bienvenu » en Suisse sous condition d'accepter la transition politique, a redit lundi John Kerry. Dans cette perspective, le président Al-Assad serait écarté de la direction du pays. L'Iran a assuré dimanche être prêt à participer aux négociations en Suisse, mais « sans conditions préalables ».

Participation de l'opposition à Genève

Dimanche, les « Amis de la Syrie », qui regroupent les pays occidentaux et arabes soutenant l'opposition syrienne, ont appelé la Coalition nationale syrienne (CNS) à participer à la conférence internationale de paix, et tenté de chasser les doutes, notamment sur le départ du pouvoir du président Bachar Al-Assad.

Les membres de la CNS sont profondément divisés sur l'idée d'une participation à Genève 2 et annonceront leur décision le 17 janvier. La Coalition exige, avant le début des négociations, l'arrêt du recours aux armes lourdes par le régime et la mise en place de couloirs humanitaires.

L'objectif de Genève 2 est de confirmer la teneur d'un accord obtenu entre les grandes puissances à Genève en juin 2012 et qui prévoit l'établissement d'un gouvernement de transition doté de tous les pouvoirs exécutifs. « C'est-à-dire un autre régime », a explicité lundi le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Alors que les États-Unis ont fait part de leur optimisme sur la tenue de la conférence de paix, Laurent Fabius s'est montré lundi plus prudent. « Nous souhaitons que Genève 2 ait lieu, mais la décision n'est pas acquise encore », a-t-il dit aux médias français. La décision « n'est pas acquise, car Bachar et les terroristes font le maximum pour que la conférence n'ait pas lieu », a-t-il ajouté.

De son côté, le régime syrien répète que Damas n'ira pas à Genève « pour remettre le pouvoir à qui que ce soit ni faire de transactions avec qui que ce soit », et qu'il revient à Bachar Al-Assad de mener la transition, en cas d'accord en Suisse.

Les combats entre factions de l'opposition se poursuivent

Sur le terrain, les forces rebelles, divisées, continuent de s'affronter. L'opposition armée se bat depuis une semaine contre les djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), liés à Al-Qaïda, et accusés d'exactions. Ce conflit interne a fait en huit jours plus de 700 morts et des centaines de disparus dans le nord de la Syrie.

Plus de 130 000 personnes, dont plus de 7000 enfants, ont été tuées dans les combats entre rebelles et régime depuis mars 2011, qui ont provoqué l'exode de millions de déplacés et de 2,4 millions de réfugiés.