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13/01/2014 04:45 EST | Actualisé 14/03/2014 05:12 EDT

Quand Brodeur va lever les yeux au ciel

On ne sait toujours pas si Martin Brodeur pourra affronter mardi le Canadien pour la 70e fois de sa carrière. Mais si tel est le cas, il en profitera comme si c'était la dernière fois.

Un texte de Guillaume Lefrançois Twitter Courriel

Les Devils ont pris d'assaut la patinoire du Centre Bell, lundi, à la veille du duel contre le Tricolore. Mais comme l'entraîneur-chef Peter DeBoer n'était pas disponible pour parler aux représentants des médias, il faudra attendre à mardi matin avant de savoir si la séquence de départs de Cory Schneider s'arrêtera à trois.

Mais Brodeur, lui, parlait comme un gardien qui prévoit passer son mardi soir entre les poteaux.

« Demain, je vais m'arrêter à un moment donné, soit pendant l'hymne national ou une pause publicitaire, pour observer, a-t-il admis. Je le fais dans plusieurs arénas, car je ne sais pas si ce sera la dernière fois que j'y joue. Dernièrement, on a joué notre dernier match de la saison au Madison Square Garden, j'ai souvent joué là-bas et j'ai adoré. Je me suis arrêté à un moment donné, j'ai regardé autour de moi, j'ai pris tout ça en dedans de moi. Je le fais dans les édifices où j'aime jouer. »

Le critère

S'il revient pour une 21e saison, l'homme de 41 ans sait déjà quelles seront ses conditions.

« Je me sens plus en santé, physiquement. Mentalement, j'ai encore beaucoup de plaisir à jouer. Pour moi, c'est physiquement que ça compte, comment je vais me sentir », soutient-il.

S'il se sent bien physiquement, ses statistiques ne sont toutefois pas avantageuses. Sa fiche (12-9-4) est certes meilleure que celle de Schneider (7-9-6), mais sa moyenne et son efficacité (2,39 et ,902) ne sont pas à la hauteur comparativement à son adjoint (1,96 et ,921). D'ailleurs, son efficacité de ,902 est la 44e de la LNH parmi les gardiens avec au moins 10 départs cette saison.

Mais Brodeur assure ne pas s'en faire, même qu'il tourne en boutade une observation d'un collègue sur le soutien offensif supérieur dont il bénéficie.

« C'est évident quand tu regardes les statistiques. La raison, c'est que je dois accorder plus de buts, donc on doit en marquer plus pour gagner! »

Comme à Vancouver

Le partage des tâches avec Schneider fera aussi partie des critères de Brodeur pour 2014-2015. Le Québécois a passé quatre des cinq derniers matchs au banc, pendant que son adjoint alignait les bonnes performances.

« Si je continue, je veux être dans une situation confortable, ici ou ailleurs. Le temps le dira, je ne sais pas encore si je jouerai l'an prochain. Mais là, j'ai du plaisir ici, on est dans une lancée vers les séries et je veux en faire partie », se contente-t-il de répondre.

Mais le fameux « luxe » de compter sur deux bons gardiens, une phrase que l'on entendait ad nauseam à Vancouver à l'époque du duo Schneider-Roberto Luongo, n'est pas si merveilleux que ça au goût de Brodeur.

« Les gens disent souvent que c'est un luxe. Je ne sais pas si c'est un grand luxe. Ce l'est si quelqu'un se blesse. Sinon, c'est toujours à partager, prendre des décisions sans faire mal à l'autre, tu parles toujours dans le bureau. Ce n'est pas le meilleur système, mais ça fonctionne bien. »

Ce système a fait en sorte que le tapis a glissé sous les pieds de Brodeur au cours de la dernière semaine. Une énième bonne performance contre le Canadien lui permettra de rattraper le terrain perdu.