NOUVELLES
13/01/2014 10:32 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

Moscou expulse un journaliste américain

Un journaliste américain a affirmé lundi qu'il avait été expulsé de Russie après avoir travaillé sur les manifestations pro-européennes en cours en Ukraine depuis le 21 novembre.

David Satter, un critique de longue date du président Vladimir Poutine, travaillait en Russie depuis 2003 pour Radio Free Europe/Radio Liberty. Ancien correspondant du Wall Street Journal et du Financial Times, il est l'auteur de trois livres sur la Russie et l'ex-Union soviétique.

L'ambassade américaine à Moscou a été informée de l'action intentée contre M. Satter et a émis une protestation diplomatique formelle, a déclaré le président de Radio Free Europe/Radio Liberty Kevin Close. L'ambassade a demandé en vain des explications aux autorités russes.

Cette décision, qui intervient avant le début des JO d'hiver de Sotchi le mois prochain, risque de tendre encore plus les relations entre Washington et Moscou.

Il s'agit d'une des premières expulsions de journalistes de Russie depuis la fin de la Guerre Froide.

"On m'a dit que ma présence en Russie n'était pas désirable aux yeux des services de sécurité. Aucune autre raison ne m'a été donnée", a déclaré M. Satter à l'AFP dans un courriel depuis Londres.

"Mes affaires sont à Moscou, où j'ai un appartement. Mais sans permission d'entrer le pays, je ne peux pas les récupérer. J'aimerais rentrer à Moscou pour travailler mais je ne peux pas le faire sans visa", a-t-il expliqué.

"Alors qu'il essayait de quitter l'Ukraine pour regagner la Russie après avoir couvert les manifestations, les problèmes ont commencé", a indiqué par téléphone une porte-parole de Radio Free Europe, Karisue Wyson.

En décembre, M. Satter a été informé que sa demande de visa avait été approuvée, mais une responsable de l'ambassade russe à Kiev lui a ensuite dit que sa présence en Russie était considérée comme "indésirable", a précisé Mme Wyson.

L'Ukraine est le théâtre depuis le 21 novembre de manifestations en faveur de l'intégration européenne après le refus des autorités de signer un accord d'association avec l'UE en préparation depuis trois ans, au profit de la coopération économique avec Moscou.

oh/glr/mf