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13/01/2014 01:24 EST | Actualisé 14/03/2014 05:12 EDT

Mort au sortir de l'hôpital : le frère d'une victime blâme l'hôpital, pas le taxi

John Miller, le frère d'un homme décédé sur le pas de sa maison après avoir reçu son congé d'un hôpital de Winnipeg, rejette la responsabilité de la tragédie sur l'établissement hospitalier.

La nuit qui a précédé son décès, Wayne Miller a subi un grave anévrisme cérébral. Il a été admis en soin palliatif à l'Hôpital Grace.

Il a plus tard reçu son congé de l'Hôpital et, le 29 décembre, un taxi l'a reconduit jusqu'à son domicile, sur la rue Arlington.

Moins d'une heure plus tard, un passant a alerté les services d'urgence après avoir aperçu l'homme gisant sur le trottoir à l'extérieur de sa maison.

Wayne Miller est décédé avant que les équipes de secours n'arrivent sur place.

Un autre incident semblable est survenu le 31 décembre, toujours à Winnipeg. David Silver a lui aussi été renvoyé chez lui en taxi après avoir obtenu son congé de l'Hôpital Grace. M. Silver est décédé sur le perron de sa maison. Les responsables de l'hôpital ont déclaré qu'il était décédé des suites de problèmes cardiaques.

Vendredi, la ministre de la Santé du Manitoba, Erin Selby a estimé que la responsabilité incombait aux chauffeurs de taxi qui doivent s'assurer que leur client rentre chez eux en toute sécurité.

Or, pour John Miller, le frère de Wayne, le vrai problème réside dans le fait que les hôpitaux du Manitoba donnent leur congé à des gens qui ne devraient pas être renvoyés chez eux.

Il estime que la décision de rendre les chauffeurs de taxi responsables de la sécurité de leur client jusqu'à chez eux n'est pas une solution au problème.

« Je pense que c'est la chose la plus stupide que j'ai entendue dans ma vie », a-t-il déclaré.

Trop de pression à l'urgence

Les services d'urgence, de leur côté, mettent en cause la pression quotidienne liée au manque de place. Cela entraîne, selon eux, un renvoi à la maison de patients en taxi, autant le jour que la nuit.

« Il y a 30 ans, nous aurions certainement gardé des vieilles dames dans notre service d'urgence et nous leur aurions servi du thé et des petits gâteaux jusqu'à ce qu'il fasse jour et nous aurions veillé à ce que leur famille vienne les récupérer », explique le directeur de l'Association canadienne des médecins d'urgence (ACMU), Alan Drummond.

L'encombrement des services d'urgence force aujourd'hui les hôpitaux à faire appel à des taxis pour renvoyer les patients chez eux une fois qu'ils ont reçu leur congé, soutient l'Association.

Appel aux familles

Selon M. Drummond, les familles des patients doivent être plus présentes et doivent les aider à rentrer chez eux.

« Nous ne pouvons compter sur les ambulances, car leur mission est de transporter des blessés et des malades et elles ne se considèrent pas comme un service de taxi », souligne M. Drummond.

Le directeur de l'ACMU explique que les infirmières et les médecins évaluent la condition des patients pour être certains qu'ils sont physiquement aptes à quitter l'hôpital.

Au-delà de cette évaluation, la responsabilité revient aux patients ainsi qu'à leur famille.

« Comme un patient peut être admis aux urgences à n'importe quel moment du jour ou de la nuit, il peut également avoir son congé à n'importe quel moment », souligne Alan Drummond.