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13/01/2014 01:32 EST | Actualisé 14/03/2014 05:12 EDT

Les opposants thaïlandais paralysent des secteurs de Bangkok

Des dizaines de milliers de manifestants antigouvernementaux ont bloqué lundi certaines des principales intersections de Bangkok, dans l'espoir que cette paralysie de la capitale thaïlandaise poussera la première ministre Yingluck Shinawatra à la démission.

Néanmoins, la majorité des établissements et commerces demeuraient ouverts et les transports publics n'étaient que partiellement touchés dans la mégapole de plus de 12 millions d'habitants.

Les manifestations demeurent pacifiques. Des foules importantes ont installé des tentes à sept intersections cruciales, où plusieurs protestataires agitaient des drapeaux thaïlandais. Certains manifestants masqués forçaient les automobilistes à faire demi-tour.

« Ne me demandez pas combien de temps cette occupation durera », a déclaré le chef de l'opposition, Suthep Thaugsuban, dans un discours à ses partisans. « Nous continuerons jusqu'à la victoire », a-t-il ajouté.

Le gouvernement a déployé 10 000 policiers et quelque 8000 soldats pour protéger les bâtiments gouvernementaux. Il n'a donné pour le moment aucune indication de vouloir empêcher les manifestants d'établir leurs barrages.

Ce mouvement « ne prendra pas fin facilement, et la participation aujourd'hui est impressionnante. Donc il semble que cette situation de blocage soit partie pour durer », selon Sukum Nuansakul, analyste politique et ancienne doyenne de l'Université Ramkhamhaeng de Bangkok.

Quant aux partisans du gouvernement, dits « chemises rouges », ils ne sont pas descendus dans la rue à Bangkok, afin d'éviter les violences, mais ils ont manifesté dans leurs fiefs du nord et du nord-est.

Les manifestations dans la capitale s'inscrivent dans le mouvement de contestation qui agite la Thaïlande depuis des semaines et qui oppose la classe moyenne et les notables royalistes de Bangkok aux partisans, souvent pauvres et vivant en zone rurale, de la première ministre et de son frère exilé à l'étranger, l'ancien chef de gouvernement Thaksin Shinawatra.

Les manifestants accusent le gouvernement de corruption. Ils réclament que l'administration de Yingluck Shinawatra, qu'ils jugent toujours contrôlée par le frère de la première ministre, soit remplacée par un « conseil du peuple » non élu, qui mettrait en place des réformes qui, selon eux, sont nécessaires pour mettre fin à la corruption et au pouvoir de l'argent.

L'engagement de la première ministre en décembre d'organiser des élections anticipées n'a pas calmé l'ardeur des manifestants. De son côté, le principal parti d'opposition a annoncé son boycottage du scrutin du 2 février. Malgré l'appel au dialogue de la première ministre, qui a toutes les chances de remporter le prochain scrutin, le chef de l'opposition refuse de négocier.

Des détracteurs critiquent les actions des opposants thaïlandais qui, selon eux, visent à mettre un frein à la fragile économie de cette nation de l'Asie du Sud-Est.

Ces dernières semaines, les violences entre des manifestants, la police et les partisans du pouvoir en place ont fait huit morts, dont deux policiers, et de nombreux blessés.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des fusillades ont encore éclaté, près d'un bâtiment administratif dont les manifestants s'apprêtaient à bloquer l'accès, ainsi qu'à côté du siège du Parti démocrate, la principale formation de l'opposition.