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13/01/2014 03:32 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

Les femmes, un fil rouge à risque dans la vie politique de Hollande

Le parcours politique de François Hollande, des bancs de l'Ecole nationale d'administration jusqu'au sommet de l'Etat, a été étroitement lié à ses histoires de coeur malgré sa volonté farouche de séparer vie privée et vie publique.

De son ex-compagne Ségolène Royal devenue candidate à la présidentielle de 2007 à sa liaison avec l'actrice Julie Gayet qui a provoqué une hospitalisation de la Première Dame Valérie Trierweiler, la trajectoire politique de cet homme devenu président et aujourd'hui très impopulaire s'est plusieurs fois télescopée avec sa vie sentimentale.

Souvent affublé de sobriquets peu flatteurs évoquant son manque supposé de charisme - "Guimauve le conquérant", "Flanby" (du nom d'un dessert flasque) ou "Pépère" - le chef de l'Etat, 59 ans, a fait de la "normalité" l'axe central du début de sa présidence.

Mais son désir de discrétion n'a pas résisté à l'irruption sur la scène médiatique des soubresauts de sa vie privée.

Après sa rencontre avec Ségolène Royal en 1979 au sein de la promotion "Voltaire" à l'Ecole nationale de l'administration (ENA), il forme avec la mère de ses quatre enfants un couple emblématique de la vie politique française pendant près d'un quart de siècle.

Ils gravissent ensemble les échelons du pouvoir, même si sa compagne, devenue ministre alors qu'il demeure député, accapare davantage les caméras. L'ambition de Ségolène Royal culmine lorsqu'elle pose sa candidature à la présidentielle de 2007, prenant de court François Hollande qui endosse, contraint et forcé, le rôle de soutien.

"La vie en rose"

La séparation du couple n'est officialisée qu'en juin 2007, mais, selon plusieurs ouvrages, François Hollande fréquente déjà depuis 2005 Valérie Trierweiler, journaliste au magazine Paris Match. Entorse à sa pudeur habituelle, M. Hollande, alors ex-premier secrétaire du Parti socialiste en pleine traversée du désert, déclare en 2010 au magazine people "Gala" que Valérie Trierweiler est "la femme de sa vie".

Le soir de sa victoire à la présidentielle le 6 mai 2012, Valérie Trierweiler impose sur la scène dressée en Corrèze (centre) la chanson d'Edith Piaf "La vie en rose", un clin d'oeil mêlant l'intime et le politique (la rose est le symbole du Parti socialiste).

Le comportement de Valérie Trierweiler aux premières heures du mandat du chef de l'Etat brouille aussi les frontières. Son tweet de soutien à un rival de Ségolène Royal aux élections législatives de juin 2012 fait scandale et il est largement interprété comme une réaction épidermique de jalousie à l'égard de l'ex-compagne de François Hollande.

L'opposition se gausse alors du "psychodrame" au palais présidentiel de l'Elysée dont le nouvel occupant, jamais marié, avait fait voeu de se démarquer de la dérive "people" de l'ère de Sarkozy, son prédécesseur de droite.

L'affaire de "l'amour secret" de François Hollande avec Julie Gayet, 41 ans, révélé le 10 janvier par le magazine people Closer, et l'hospitalisation consécutive pendant une semaine de Valérie Trierweiler victime d'un "coup de blues" ont de nouveau ébranlé les voeux pieux du chef de l'Etat.

"J'ai un principe, c'est que les affaires privées se traitent en privé, dans une intimité respectueuse de chacun", a-t-il répondu aux journalistes qui l'interrogeaient sur son couple au cours de sa conférence semestrielle le 14 janvier.

Samedi, il a lui-même annoncé à l'AFP "la fin de sa vie commune avec Valérie Trierweiler", précisant qu'il s'exprimait à titre personnel et non en tant que chef de l'Etat, car s'agissant de "(sa) vie privée".

il s'était engagé à "clarifier" la situation avant sa visite d'Etat le 11 février aux Etats-Unis à l'invitation du président Barack Obama et de son épouse Michelle.

Après sa sortie d'hôpital, Mme Trierweiler était allée seule se reposer à la résidence présidentielle de la Lanterne, jouxtant le château de Versailles.

Son entourage a confirmé qu'elle était attendue dimanche à Bombay pour un déplacement prévu de longue date, pris en charge par des mécènes indiens et français liés à l'organisation humanitaire Action contre la faim, et non par la présidence française.

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