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13/01/2014 09:55 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

Les femmes, fil rouge à risque dans la vie politique de François Hollande

Le parcours de François Hollande, des bancs de l'Ecole nationale d'administration jusqu'au sommet de l'Etat, est jalonné d'histoires de coeur étroitement liées aux étapes de son ascension malgré sa volonté farouche de séparer vie privée et vie publique.

De son ex-compagne Ségolène Royal lui ayant ravi une candidature à l'élection présidentielle en 2007 à sa liaison présumée avec l'actrice Julie Gayet au moment où il tente de relancer son mandat marqué par une impopularité record, la trajectoire politique de cet homme devenu président n'a cessé de se télescoper avec sa vie sentimentale.

Souvent affublé de sobriquets peu flatteurs évoquant un physique mou et un manque de charisme, dont "Guimauve le conquérant", "Flanby" (du nom d'un dessert flageolant) ou "Pépère", le chef de l'Etat, 59 ans, apparaît dans les médias ou aux yeux de l'opinion comme l'antithèse du séducteur multipliant les conquêtes.

Mais sa "normalité", leitmotiv de sa campagne présidentielle, et son désir de discrétion pour éviter de parasiter le discours public ont eu du mal à résister, dès son entrée dans l'arène politique, à l'étanchéité d'une vie privée marquée par la rencontre avec des femmes au caractère affirmé.

Le porte-parole du Parti socialiste à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement, Thierry Mandon, évoquait lundi "un homme qui peut avoir des coups de coeur, des difficultés de couple", ajoutant toutefois : "S'il est normal, il peut avoir tout ça, mais s'il est président normal, très vite (il) clarifie la situation".

Après sa rencontre avec Ségolène Royal en 1979 au sein de la promotion "Voltaire" à l'Ecole nationale de l'administration (ENA), il forme avec la mère de ses quatre enfants un couple emblématique de la vie politique française pendant près d'un quart de siècle.

Ils gravissent ensemble les échelons du pouvoir, même si sa compagne, devenue ministre alors qu'il demeure député, accapare davantage les caméras. L'ambition de Ségolène Royal culmine lorsqu'elle pose sa candidature à la présidentielle de 2007, prenant de court François Hollande qui endosse, contraint et forcé, le rôle de soutien.

"La vie en rose"

La séparation officielle du couple intervient en juin 2007, mais, selon plusieurs ouvrages, François Hollande vit déjà depuis 2005 avec Valérie Trierweiler, journaliste au magazine Paris Match. Entorse à sa pudeur habituelle, M. Hollande, alors ex-premier secrétaire du Parti socialiste en pleine traversée du désert, déclare en 2010 au magazine people "Gala" que Valérie Trierweiler est "la femme de sa vie".

Le soir de sa victoire à la présidentielle le 6 mai 2012, Valérie Trierweiler impose sur la scène dressée en Corrèze (centre) la chanson d'Edith Piaf "La vie en rose", un clin d'oeil mêlant l'intime et le politique (la rose est le symbole du Parti socialiste).

Le comportement de Valérie Trierweiler aux premières heures du mandat du chef de l'Etat brouille aussi les frontières. Son tweet de soutien à un rival de Ségolène Royal aux élections législatives de juin 2012 fait scandale et est largement interprété comme une réaction épidermique de jalousie à l'égard de l'ex-compagne de François Hollande.

L'opposition se gausse alors du "psychodrame" au palais présidentiel de l'Elysée dont le nouvel occupant, jamais marié, avait fait voeu de se démarquer de la dérive "people" de l'ère Sarkozy, du nom de son prédécesseur de droite.

L'affaire de "l'amour secret" de François Hollande avec Julie Gayet, 41 ans, révélé vendredi par le magazine Closer, et l'hospitalisation consécutive de Valérie Trierweiler viennent de nouveau ébranler les voeux pieux du chef de l'Etat.

"Quand le ménage brouille le message", résumait lundi le quotidien Libération pour évoquer les difficultés de François Hollande à rendre audible son message sur sa politique économique, qu'il compte adresser mardi au cours de la troisième conférence de presse de son quinquennat.

Cette affaire intervient au pire moment pour le président, qui espérait tourner la page d'une année 2013 catastrophique, marquée notamment par son incapacité à remplir son engagement à inverser la courbe du chômage.

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