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13/01/2014 03:18 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

L'Alberta serait la province aux paysages naturels les plus transformés

EDMONTON - Une étude nationale porte à croire que l'Alberta a davantage modifié ses paysages naturels que n'importe quelle autre province canadienne.

Cette analyse réalisée par l'organisme Global Forest Watch ajoute que deux des trois régions où les modifications sont les plus importantes au pays sont situées dans cette province de l'Ouest.

Le rapport combine des données gouvernementales, des photos satellites et des cartes des terres cultivables pour examiner les intrusions humaines de la dernière décennie dans l'ensemble des principales zones environnementales canadiennes. Ces intrusions comprennent toutes les modifications, y compris les routes, les corridors sismiques, les coupes à blanc et les champs.

«Nous avons combiné toutes les données crédibles que nous avons pu trouver, dit Peter Lee, l'auteur du rapport. Au final, nous avons obtenu ce que nous croyons être la meilleure carte disponible de l'empreinte humaine au Canada.»

L'Alberta occupe la première place du triste palmarès avec environ 410 000 kilomètres carrés de terres transformées. Près des deux tiers de la province — 62 pour cent — ont été modifiées par des intrusions industrielles ou agricoles.

La Saskatchewan, à 46 pour cent, arrive au deuxième rang, tandis que le Québec, avec ses près de 347 000 kilomètres carrés de terres transformées, se classe troisième.

Ce sont en fait les provinces maritimes qui ont été le plus profondément transformées. L'empreinte humaine à l'Île-du-Prince-Édouard, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse est respectivement de 94, 85 et 72 pour cent du territoire de ces provinces.

La troisième région la plus transformée par l'activité humaine se trouve dans une région du nord du Québec où l'exploitation forestière a entraîné la coupe de très nombreux arbres.

Au dire de M. Lee, le développement dans ces trois zones empiète sur des terres précédemment vierges à un rythme de cinq à 10 kilomètres par année.

Les calculs du rapport incluent une zone tampon de 500 mètres, ce qui correspond à la distance que des animaux comme les caribous tendent à conserver entre eux et les développements humains.

Des représentants du gouvernement fédéral n'étaient pas immédiatement disponibles pour commenter.

Selon M. Lee, son étude est publiée alors que les politiques canadiennes et provinciales en matière de développement font de plus en plus l'objet d'une attention soutenue, qu'il s'agisse d'exploitation forestière, de développement énergétique ou d'agriculture. À ses yeux, cette collecte de données devrait être accomplie par Ottawa.

«Il s'agit du genre de questions que les gens se posent dans la rue», dit-il.

«Où sont toutes les transformations au Canada? Où sont les zones encore vierges? Il s'agit d'une simple tâche de surveillance qui devrait être effectuée, et qui pourrait être facilement accomplie par le fédéral, mais l'État ne s'en occupe pas.»