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13/01/2014 09:17 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

Campagne européenne pour sortir du non-droit les migrants "non éloignables"

Cinq ONG européennes, dont la française Terre d'Asile, ont appelé lundi les Européens à accorder un statut aux immigrés cantonnés au sein de l'UE dans une zone de non-droit car "non-éloignables".

L'Irakien Tareq, depuis six ans en Belgique, le Malien Tidiane, arrivé il y à un an en France, ou le Somalien Muktar, vivant depuis quinze ans en Grande-Bretagne: tous ont en commun de partager ces limbes administratives et d'être exposés à des détentions à répétition, selon le rapport "Point de non-retour" consacré au problème par les cinq ONG. (http://pointofnoreturn.eu/wp-content/uploads/2014/01/Point_of_no_return.pdf)

Sans fournir d'estimations sur le nombre de ces parias dans l'UE, le rapport documente le cas de 39 migrants ayant payé cette situation de plusieurs séjours dans des centres de rétention, en France, Belgique, Royaume-Uni et Hongrie.

Tous sont "+non éloignables+ pour des raisons qui ne relèvent pas de leur volonté", dont un refus de leur pays d'origine de les reprendre, un problème médical, ou une situation de guerre, selon le rapport.

Le problème, soulignent les ONG, "est que leur pays d'accueil ne leur délivre pas non plus de titre de séjour, et qu'ils se trouvent dans l'impossibilité de mener une vie normale, n'ont pas le droit de travailler ou d'accéder à un logement, et vivent constamment dans la peur d'être retenus".

Pire, selon les ONG, certains Etats peuvent être tentés de recourir à la détention pour les "punir" de rester ou les "inciter" à repartir, pointe le rapport. La Grande-Bretagne se réserve notamment le droit de "détenir indéfiniment" les migrants concernés.

Certains pays, comme les Pays-Bas, le Danemark ou l'Espagne, leur accordent au contraire une certaine protection, mais sans leur garantir le statut stable que réclament les ONG mobilisées.

cb/cel/mr