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12/01/2014 07:12 EST | Actualisé 14/03/2014 05:12 EDT

Syrie: 16 attentats suicides jihadistes contre les rebelles en une semaine

Les jihadistes qui font face à une offensive généralisée de leurs adversaires islamistes en Syrie ont commis 16 attentats suicides contre eux en une semaine, tuant des dizaines de combattants et de civils, a affirmé dimanche une ONG.

L'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) est expert dans ce type d'attentats qu'il a commis par centaines, ces dix dernières années en Irak, contre les soldats américains, les policiers et les militaires irakiens ainsi que contre les chiites qu'il exècre.

Un commandant de l'EIIL avait averti ses anciens frères d'armes de la rébellion syrienne, auprès de qui il luttait contre le régime de Bachar al-Assad, que si ces derniers l'attaquaient il recourrait à ce type d'opération.

"Seize kamikazes ont fait exploser leur voiture et dans certains cas ils se sont fait sauter avec une ceinture explosive", a expliqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

"Ceci a fait des dizaines de morts dans les provinces d'Alep, Idleb, Homs et Raqa", situées dans le nord et le centre de la Syrie, a-t-il précisé.

Pour la seule journée de samedi, 39 rebelles ont été tués dans ce type d'attaques dans les provinces d'Alep, Idleb et Raqa, selon l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants et sources médicales.

Selon un rebelle islamiste d'Ahrar al-Cham, mouvement à la pointe du combat contre l'EIIL dans plusieurs régions, "les jihadistes veulent avec ce type d'attaques terroriser la société, et pas seulement les combattants, pour la soumettre".

Parlant à l'AFP via internet, ce rebelle, qui n'a pas voulu être identifié, a souligné: "C'est une des armes les plus mortelles qu'ils utilisent, faute d'autres moyens".

Des combats faisaient rage dans certains quartiers de la ville de Raqa, alors que l'EIIL contrôle la quasi-totalité de cette capitale provinciale, qui échappe au pouvoir de Bachar al-Assad.

Raqa est une place forte de l'EIIL, où seraient détenus des centaines de rebelles, militants, journalistes -- dont des Occidentaux.

A Alep et Idleb, où ont lieu la majorité des attentats suicides, les jihadistes étaient sur la défensive dimanche.

A Alep, l'armée loyaliste tentait de tirer bénéfice des combats entre rebelles et EIIL.

Dimanche, l'aviation a jeté des barils d'explosifs sur Al-Bab et Hreitane, deux localités de la province tenues par les rebelles. Ce bombardement a fait au moins 8 morts.

La veille, les militants avaient annoncé que l'armée avaient pris la ville Naqarine, au nord-est d'Alep. Mais dimanche, les rebelles ont lancé une contre-offensive pour la reprendre, selon l'OSDH.

Par ailleurs, dans le centre du pays, à Homs, un bombardement la veille de l'armée contre Waer a fait au total 21 tués, selon cette ONG.

Pour la seule journée de samedi, 232 personnes ont été tuées à travers la Syrie, en majorité des combattants, qu'il s'agisse de rebelles, de jihadistes ou de loyalistes au régime.

Deux autres personnes sont mortes de malnutrition dans le camp palestinien de Yarmouk, dans le sud de Damas, selon l'Observatoire qui avait déjà recensé vendredi la mort de 41 Palestiniens dans ce camp assiégé depuis des mois.

ser/sk/cnp