NOUVELLES
12/01/2014 02:04 EST | Actualisé 13/03/2014 05:12 EDT

Soudan du Sud : les civils fuient les combats par milliers

Les affrontements au Soudan du Sud ont entraîné la fuite de milliers de personnes vers les pays voisins, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Depuis la mi-décembre, le Soudan du Sud, indépendant du Soudan depuis juillet 2011, est secoué par des affrontements entre les forces gouvernementales et les troupes dissidentes, dirigées par l'ex-vice-président limogé.

Les combats se poursuivent entre autres autour de la ville de Bor, actuellement aux mains des rebelles, ce qui entraîne l'exode massif des civils vers Minkamen, située à environ 30 kilomètres au sud, de l'autre côté du Nil. Entassées sur des bateaux, des dizaines de personnes continuent d'arriver chaque matin. Elles portent dans leurs bras leurs enfants et le peu qu'elles ont pu emporter. Villages pillés, familles massacrées : tous rapportent les mêmes récits. 

« Mon mari a été tué parce qu'il était aveugle et qu'il n'a pas pu s'enfuir. Comment peut-on abattre un homme aveugle? Maintenant, je suis ici avec mes quatre enfants, et je n'ai presque rien à leur donner à manger », raconte une femme. 

Traumatisés, les déplacés doivent faire face à des conditions de vie très difficiles. Ils sont environ 80 000 dans le camp de déplacés. Malgré les efforts des organisations humanitaires, tout manque et beaucoup d'enfants tombent malades.

« Quand ils arrivent, il y en a qui ont de la fièvre, d'autres ont de la diarrhée. Hier, on avait un enfant qui était très vraiment déshydraté qu'on a transporté d'urgence à la clinique pour le réhydrater », raconte Marie-Michèle Houle, une infirmière de Montréal, qui travaille pour Médecins sans frontières.

« Quand il y a des camps de déplacés comme ici, les gens qui arrivent n'ont rien », ajoute-t-elle. « C'est une situation d'urgence de répondre aux besoins, parce qu'on peut avoir un haut taux de mortalité et beaucoup de maladies. »

Selon ceux qui arrivent à Minkamen, les blessés et les morts seraient très nombreux de l'autre côté du Nil.

D'après le reportage de Patricia Huon