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12/01/2014 04:58 EST | Actualisé 13/03/2014 05:12 EDT

Israël rend hommage à "Arik" Sharon

Israël rendait hommage dimanche au général Ariel Sharon, "héros" selon les médias mais "criminel de guerre" pour les Palestiniens, dont le cercueil était exposé dimanche en public au Parlement à Jérusalem.

Le décès d'"Arik" (diminutif d'Ariel), mort samedi à 85 ans après huit ans de coma, a plongé Israël dans une atmosphère de deuil national, avant son enterrement lundi dans son ranch familial du sud du pays.

Les Israéliens étaient invités à s'incliner devant son cercueil exposé devant la Knesset, le Parlement israélien, jusqu'à 18H00 (16H00 GMT).

Des navettes d'autobus ont été spécialement mises en place pour l'occasion afin d'éviter des embouteillages.

Le conseil des ministres hebdomadaire, présidé par Benjamin Netanyahu, a observé une minute de silence à sa mémoire. Le Premier ministre a de nouveau salué en son rival politique - avec lequel il ne s'entendait guère - un "grand soldat".

Lundi, une cérémonie commémorative officielle sera organisée à partir de 09H30 (07H30 GMT) à la Knesset, avant des funérailles militaires en début d'après-midi dans le ranch familial des Sycomores, non loin de la frontière avec Gaza.

Ariel Sharon a souhaité y être inhumé aux côtés de sa deuxième épouse Lily.

Le vice-président américain Joe Biden, ainsi que l'ex-Premier ministre britannique Tony Blair, émissaire du Quartette pour le Proche-Orient, et le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, en visite officielle au même moment, participeront à l'hommage officiel au Parlement.

'Généreux et cruel'

Tous les médias israéliens consacraient leurs éditions à la mort de l'ancien chef de guerre et homme fort de la droite nationaliste, avec force panégyriques, photos et témoignages de compagnons d'armes.

"Il fut un génie, à la fois généreux et cruel", résume l'éditorialiste Shalom Yerushalmi dans le Maariv.

"De la même façon qu'il était dur avec lui même, en particulier sur les champs de bataille, il manifestait un mépris pour ses opposants (...) C'était Sharon pour le meilleur et pour le pire", rappelle-t-il.

L'influent commentateur Nahum Barnea rappelle dans le Yediot Aharonot qu'Ariel Sharon "incarnait tout ce que les +Pères de la Nation+ rêvaient de voir avec la génération de leurs fils nés en Israël: beau, fort, travailleur de la terre et soldat toute sa vie".

Même à gauche, le quotidien Haaretz, pourtant farouche adversaire de Sharon, lui tresse des couronnes.

"Depuis le départ de Sharon, Israël manque d'un leadership politique qui reconnaisse les limites de la force, maintienne l'alliance avec les Etats-Unis et fasse preuve de courage dans les Territoires (palestiniens) sans se laisser impressionner par les colons".

Chantre de la colonisation, Sharon fut pourtant le chef de gouvernement qui aura évacué les troupes et les 8.000 colons de la bande de Gaza en 2005.

Mais il restera aussi dans l'Histoire comme l'artisan en 1982 de la désastreuse invasion du Liban, alors qu'il était ministre de la Défense.

Une commission d'enquête israélienne a conclu à la "responsabilité indirecte" mais personnelle de Sharon dans le massacre de centaines de civils palestiniens par ses alliés phalangistes chrétiens libanais dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila à Beyrouth en septembre 1982.

De Gaza à Ramallah, et de Jénine aux camps de réfugiés du Liban, les Palestiniens n'ont pas caché leur immense joie à l'annonce du décès du "criminel Sharon", mais aussi leurs regrets que le général israélien n'ait pas comparu devant la justice internationale.

Human Rights Watch (HRW) a également jugé "regrettable que Sharon aille vers sa tombe sans répondre devant la justice de son rôle à Sabra et Chatila et d'autres violations" des droits de l'Homme.

bur-agr/cnp