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12/01/2014 10:28 EST | Actualisé 14/03/2014 05:12 EDT

Incertitude sur la présence aux négociations de l'opposition refusant tout avenir pour Bachar en Syrie

L'opposition syrienne et les pays qui la soutiennent ont affirmé dimanche que Bachar al-Assad n'avait "pas d'avenir" en Syrie, à l'issue d'une réunion à Paris qui n'a pas permis de trancher la question de la participation de l'opposition à la conférence de paix prévue dans dix jours en Suisse.

"Nous sommes tous d'accord pour dire qu'il n'y a pas d'avenir pour Bachar al-Assad et pour sa famille en Syrie. Son départ est inexorable", a souligné le président de la Coalition nationale syrienne, Ahmad Jarba, à l'issue de la réunion.

"Ce fait bénéficie de l'unanimité claire et nette du groupe des Amis de la Syrie", a-t-il ajouté, qualifiant le moment de "tournant historique" et d'"étape importante sur la route qui mène au départ du régime en place".

Les ministres des Affaires étrangères des Onze membres des Amis de la Syrie (Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, France, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Egypte, Jordanie, Etats-Unis, Turquie) n'ont toutefois pas pu convaincre les représentants de l'opposition d'annoncer leur participation à la conférence de paix dite Genève 2.

"Nous demandons instamment à la Coalition nationale de répondre positivement à l'invitation à former la délégation de l'opposition syrienne, envoyée par le secrétaire général des Nations unies", ont souligné les Onze dans leur déclaration finale.

"Genève 2 doit permettre au peuple syrien de prendre en main son destin et de mettre fin au régime despotique actuel, à travers une véritable transition politique", ont-ils ajouté.

Quarante-huit heures de débats houleux à Istanbul cette semaine n'ont pas permis à la Coalition de prendre une décision sur sa participation. Elle doit à nouveau se réunir le 17 janvier.

Lors de la réunion de Genève-1, en juin 2012, les participants s'étaient mis d'accord sur la formation d'un gouvernement de transition tout en passant sous silence le sort de M. Assad.

L'objectif de Genève-2, défini par l'ONU, est de discuter d'un processus de transition politique avec la formation d'un gouvernement provisoire, composé de membres du régime et de l'opposition, doté des pleins pouvoirs exécutifs.

La Coalition exige, avant le début des négociations, la cessation du recours aux armes lourdes par le régime et la mise en place de couloirs humanitaires.

Affrontements entre rebelles et jihadistes

Plus de 130.000 personnes, dont plus de 7.000 enfants, ont été tuées dans les combats entre rebelles et régime depuis mars 2011, qui ont provoqué l'exode de millions de déplacés et de 2,4 millions de réfugiés.

"Des villages, des villes, des familles sont bombardées alors que nous parlons. Il est difficile (pour l'opposition) de s'asseoir et de discuter avec le régime d'Assad (...). Mais c'est le seul moyen de résoudre la crise", a souligné le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, à la chaîne de télévision Sky News.

Pour un diplomate français, l'enjeu est aussi de montrer "qu'il y a d'un côté une opposition prête à s'engager dans une transition politique alors que le régime syrien est certes prêt à mettre des gens dans un avion pour Genève, mais pas à négocier la solution politique".

En décembre, le régime syrien a annoncé vouloir envoyer une délégation, mais le ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a répété que Damas n'irait pas à Genève "pour remettre le pouvoir à qui que ce soit ni faire de transactions avec qui que soit".

Le régime a répété qu'il revenait au président Bachar al-Assad de mener la transition, en cas d'accord à Genève.

Cette attitude, mais surtout la multiplication des bombardements des troupes de Bachar al-Assad sur Alep (nord), expliquent les fortes réticences de plusieurs tendances de la Coalition à aller négocier.

Sur le terrain, l'opposition armée se bat aussi depuis une semaine contre ses ex-frères d'armes, les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), accusés d'exactions. Ce conflit interne a fait en huit jours plus de 700 morts et des centaines de disparus, dans le nord.

Dimanche et lundi, d'intenses échanges diplomatiques sur la Syrie mais aussi sur le processus de paix au Proche-Orient sont prévus à Paris. Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, doit rencontrer lundi son homologue russe Sergueï Lavrov, avec au menu la participation éventuelle à Genève-2 de l'Iran qui n'a pas été invité par l'ONU. L'Iran, allié de Damas, prédit un échec des pourparlers s'il n'y assiste pas.

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