NOUVELLES
12/01/2014 04:29 EST | Actualisé 13/03/2014 05:12 EDT

Egypte: le sixième scrutin depuis la chute de Moubarak

L'Egypte organise mardi et mercredi son troisième référendum constitutionnel en trois ans, le sixième scrutin depuis la chute d'Hosni Moubarak le 11 février 2011.

Les Frères musulmans, confinés dans une semi-clandestinité du temps de Moubarak, ont remporté tous ces scrutins avant d'être chassés du pouvoir par l'armée qui a destitué le président Mohamed Morsi le 3 juillet 2013. Dorénavant déclarée organisation "terroriste", cette influente confrérie islamiste boycotte le nouveau référendum.

- REFERENDUM CONSTITUTIONNEL - Le 19 mars 2011, un mois après le départ de Moubarak, 77,2% des électeurs disent "oui" par référendum à une révision limitée de la Constitution réduisant notamment la durée du mandat présidentiel. La participation de 41% tranche avec l'abstention écrasante sous le régime précédent.

Le vote valide la feuille de route de l'armée, soutenue par les Frères musulmans, pour une transition rapide vers un pouvoir civil élu mais les mouvements pro-démocratie réclamaient une Constitution entièrement nouvelle.

- LEGISLATIVES - Le 10 janvier 2012, au terme d'élections en trois tours entamées le 28 novembre 2011 et considérées comme les plus ouvertes depuis le renversement de la monarchie en 1952, les formations islamistes remportent près de 70% des sièges de l'Assemblée du peuple, avec une participation moyenne estimée à 54%.

Le Parti de la liberté de la justice (PLJ), issu des Frères musulmans, remporte 235 sièges sur les 498 en jeu (environ 47%), suivi du parti fondamentaliste salafiste Al-Nour avec 121 sièges (environ 24%). Le parti libéral Al-Wafd a 38 sièges (environ 7,5%) et le Bloc égyptien --coalition de partis libéraux laïques-- environ 7%.

L'Assemblée sera dissoute après l'invalidation des législatives par la justice le 14 juin 2012, pour un vice dans la loi électorale.

- SENATORIALES - Les islamistes remportent les élections sénatoriales pour la Choura (instance consultative) organisées du 29 janvier au 22 février 2012, avec un taux de participation de seulement 10%.

Le PLJ remporte 105 des 180 sièges mis en jeu, Al-Nour 45 sièges, le Wafd 14 sièges et le Bloc égyptien huit sièges. Huit autres sièges sont répartis entre plusieurs petites formations.

La justice invalide les sénatoriales le 2 juin 2013 mais autorise la Choura à légiférer en attendant une nouvelle Assemblée.

- PRESIDENTIELLE - Le candidat des Frères musulmans Mohamed Morsi est déclaré vainqueur le 24 juin 2012 d'une élection présidentielle considérée comme historique, avec 51,73% des voix. Il devient le premier islamiste à diriger l'Egypte, pays le plus peuplé du monde arabe, dont il est le premier président civil et le premier démocratiquement élu.

La participation a été de 46% au premier tour les 23-24 mai 2012, avec douze candidats en lice, et de 51% au deuxième tour les 16-17 juin où Morsi affrontait le dernier Premier ministre de Moubarak, Ahmad Chafiq.

L'annonce des résultats a été retardée, l'armée limitant au soir du second tour les prérogatives du futur président et s'attribuant le pouvoir législatif. Morsi annule ce décret le 12 août 2012. Il sera destitué et arrêté par les militaires le 3 juillet 2013, trois jours après que des millions d'Egyptiens eurent manifesté pour réclamer son départ.

- DEUXIEME REFERENDUM CONSTITUTIONNEL - Une nouvelle Constitution controversée, défendue par les islamistes, est approuvée les 15 et 22 décembre 2012 dans un contexte tendu par 63,8% des quelque 52 millions de votants avec un taux de participation de 32,9% au terme d'un scrutin entaché d'irrégularités selon l'opposition.

Des législatives sont prévues dans la foulée, le 22 avril 2013, mais sont ajournées sine die lorsque la justice administrative annule la loi électorale le 6 mars 2013.

La Constitution est suspendue le 3 juillet 2013 lors de la destitution du président Morsi.

doc-lch/gir/faa