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12/01/2014 02:49 EST | Actualisé 13/03/2014 05:12 EDT

Bangladesh: la Première ministre contestée présente son gouvernement

La Première ministre sortante du Bangladesh, Sheikh Hasina, a prêté serment dimanche pour un nouveau mandat quinquennal après les législatives du 5 janvier marquées par des violences meurtrières et le boycott de l'opposition.

Mme Hasina a été investie lors d'une cérémonie présidée par le chef d'Etat, Abdul Hamid, et retransmise en direct à la télévision.

"Moi, Sheikh Hasina, jure (...) de remplir loyalement ma mission de Premier ministre du gouvernement conformément à la loi", a déclaré Mme Hasina sous les applaudissements de l'assistance composée de fonctionnaires, d'officiers militaires, de députés et de diplomates étrangers.

Les 48 membres de son nouveau gouvernement ont également prêté serment.

Son parti, l'Awami League, et ses alliés ont remporté 80% des sièges au Parlement bangladais, faute d'adversaire dans nombre de circonscriptions, à l'issue du scrutin le plus violent qu'ait connu le Bangladesh avec au moins 26 morts.

La majorité reconduite pourrait avoir une courte vie, selon les analystes, la Première ministre devant faire face à des pressions de l'opposition et de la communauté internationale pour organiser un nouveau scrutin.

L'opposition a appelé mercredi à un nouveau blocage du pays afin d'obtenir gain de cause mais il n'était que partiellement suivi, nombre de sympathisants de l'opposition ayant été arrêtés avant le scrutin.

La chef du principal parti d'opposition, le Bangladesh Nationalist Party (BNP), Khaleda Zia, est assignée de facto à résidence depuis deux semaines. Les mesures de sécurité ont toutefois été assouplies et elle a été autorisée à quitter son domicile pour la première fois samedi soir.

Mme Zia a qualifié le scrutin de farce et demande un nouveau vote organisé sous l'égide d'un gouvernement neutre, comme ce fut le cas dans le passé.

Sheikh Hasina a de son côté promis la manière forte pour assurer la "stabilité".

Le Bangladesh a connu cette année les violences les plus meurtrières depuis sa création en 1971. Selon une ONG, elles auraient fait jusqu'à 500 morts, dont 150 depuis le début au mois d'octobre des grèves, des manifestations et des blocages organisés par l'opposition pour obtenir l'annulation du scrutin.

Avant l'élection, les Etats-Unis, le Commonwealth et l'Union européenne avaient exprimé leur vive inquiétude sur le risque d'embrasement dans ce pays de 154 millions d'habitants, le huitième plus peuplé du monde.

Ils avaient renoncé à envoyer des observateurs, estimant que les conditions d'un scrutin libre et transparent n'étaient pas réunies.

Au lendemain du scrutin, Washington, par la voix du Département d'Etat, a fait part de sa déception et appelé à un nouveau scrutin qui "exprimerait véritablement la volonté" du peuple.

De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a critiqué les deux principaux partis les appelant "à renouer un dialogue constructif et à répondre urgemment aux attentes des citoyens du Bangladesh qui souhaitent un processus politique global".

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