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12/01/2014 10:27 EST | Actualisé 14/03/2014 05:12 EDT

Bagdad convoque le chargé d'affaires turc à propos des importations de brut du Kurdistan

Bagdad a convoqué dimanche le chargé d'affaires turc à propos des exportations de pétrole de la région autonome du Kurdistan irakien vers la Turquie sans le feu vert des autorités irakiennes, dénonçant une violation de la Constitution.

Le diplomate turc Efe Ceylan a été convoqué par le vice-Premier ministre Hussein al-Chahristani, responsable des affaires énergétiques, à la suite de l'annonce la semaine dernière par les autorités kurdes de leurs premières exportations de brut vers la Turquie.

"L'Irak considère comme une violation l'exportation de pétrole via ses frontières internationales sans le feu vert du gouvernement", a affirmé M. Chahristani dans un communiqué à l'issue de la rencontre.

Le responsable irakien a accusé les autorités turques d'avoir empêché des responsables du ministère irakien du Pétrole de superviser les quantités de brut exportées par la région du Kurdistan.

"Le gouvernement irakien fait porter à la Turquie l'entière responsabilité légale de cette affaire, et se réserve le droit d'exiger les pertes en résultant", a prévenu le responsable irakien.

Un bras de fer oppose depuis des mois le gouvernement central à la région autonome du Kurdistan sur la gestion des ressources naturelles.

La région autonome du Kurdistan avait annoncé la semaine dernière le "début de la vente de son premier chargement de pétrole exporté via le nouveau oléoduc de la région du Kurdistan à travers la Turquie vers le port (turc) de Ceyhan".

Selon l'annonce, la vente des deux premiers millions de barils de brut doit intervenir d'ici fin janvier, et d'autres vont suivre.

Le Kurdistan irakien, qui jouit d'une importante autonomie et dispose de ses propres forces de sécurité, gouvernement et drapeau, s'est également attiré les foudres de Bagdad pour avoir signé des contrats avec des firmes énergétiques étrangères.

Outre le différend sur le pétrole, un conflit territorial oppose la région du nord de l'Irak au gouvernement central. Ces différends constituent, selon les diplomates, la principale menace à long terme pour la stabilité du pays.

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