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11/01/2014 04:14 EST | Actualisé 12/03/2014 05:12 EDT

Vie privée de François Hollande: une révélation qui tombe mal

La révélation, non démentie, de la liaison du président François Hollande avec une comédienne, survient au plus mauvais moment pour le chef d'Etat français, parasitant sa troisième grande conférence de presse prévue mardi, l'un des grands rendez-vous politiques de son mandat.

Déjà très impopulaire dans les sondages, François Hollande, qui n'a pas encore réussi son pari d'inverser la courbe du chômage en France, se voit désormais attaqué sur sa vie privée.

Dans un dossier de sept pages accompagnées de photos où ne figurent jamais ensemble François Hollande, 59 ans, et la comédienne Julie Gayet, 41 ans, l'hebdomadaire people Closer affirme que le couple vit un "amour secret".

Le chef de l'Etat a réagi à ces révélations sans les démentir, prenant soin de faire savoir qu'il s'exprimait en son nom propre pour "déplorer profondément les atteintes au respect de la vie privée auquel il a droit comme tout citoyen".

Le timing est particulièrement mauvais pour le président français: mardi, il tient sa grand-messe semestrielle, une grande conférence de presse au cours de laquelle il doit notamment détailler son nouveau "pacte de responsabilité" aux entreprises et la réduction de la dépense publique, ce que certains commentateurs voient déjà comme une inflexion sociale-libérale de son mandat.

Mais il y a fort à parier que l'un où l'autre parmi les centaines de journalistes attendus sous les ors de la salle des fêtes du palais de l'Elysée soulèvera la question. La réponse, surtout, sera attendue et risque de prendre le pas sur le fond du propos présidentiel.

"conter fleurette"

Si la classe politique française, gauche et droite confondue, a soutenu le président dans sa demande de respect de la vie privée, la presse française s'interroge samedi: où est le changement promis par François Hollande par rapport à l'attitude de ses prédécesseurs, au premier rang desquels Nicolas Sarkozy ?

Le 8 janvier 2008, lors de sa première grande conférence de presse présidentielle, Nicolas Sarkozy avait été interrogé sur sa toute fraîche idylle avec la chanteuse et mannequin Carla Bruni. Sa formule "Avec Carla, c'est du sérieux" avait marqué, indélébilement et pas pour le meilleur, son mandat.

François Hollande, qui entendait incarner une "présidence normale" avait, dès son élection, dû faire face au télescopage entre vie privée et vie publique avec le tweet ravageur de sa compagne, Valérie Trierweiler, apportant son soutien au rival politique local de Ségolène Royal, avec laquelle François Hollande a eu quatre enfants.

"Je considère que les affaires privées se règlent en privé. Et je l'ai dit à mes proches pour qu'ils acceptent scrupuleusement ce principe", avait déclaré, lors de son interview du 14 juillet, M. Hollande pour tenter d'éteindre l'incendie.

Mais lui-même avait choisi en octobre 2010 un magazine people, Gala, pour expliquer "c'est la femme de ma vie", à propos de Valérie Trierweiler, que les Américains ont surnommée "the first girlfriend", officialisant ainsi sa relation avec la journaliste.

Cette frontière fragile entre vie publique et vie privée est une des questions soulevées par l'article de Closer, impensable il y a quelques années, les médias français respectant jusque-là une discrétion presque absolue sur l'intimité des politiques.

Cette affaire est "en tous points catastrophique" pour le président Hollande, juge samedi le quotidien régional L'Alsace. "Les Français le pensaient accaparé par ses fonctions, consacrant chaque minute à redresser le pays. Et alors que les résultats ne sont pas au rendez-vous, voilà qu'ils apprennent que le président de la République a du temps pour conter fleurette à une actrice", s'offusque le quotidien.

En proie à des difficultés économiques, la France est confrontée à une faible croissance, une agitation sociale dans les régions touchées par les désindustrialisation et une révolte fiscale, alors que le chômage reste fort.

Le chef de l'Etat a promis à de multiples reprises d'en inverser la courbe ascendante fin 2013. Mais si les chiffres d'octobre avaient montré une réelle embellie, ceux de novembre l'ont pratiquement effacée.

Quelques rares commentateurs, à l'instar du quotidien russe Kommersant, estiment toutefois que "le scandale pourrait aider François Hollande à améliorer ses sondages de popularité", soulignant que "les Français ne voient pas de honte dans les escapades romantiques de leurs dirigeants".

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