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11/01/2014 04:45 EST | Actualisé 13/03/2014 05:12 EDT

Turquie: Öcalan presse Ankara d'agir pour le processus de paix

Le chef emprisonné des Kurdes de Turquie Abdullah Öcalan a averti samedi que le processus de paix engagé avec les autorités d'Ankara ne pouvait pas stagner éternellement et a demandé au gouvernement turc d'agir "rapidement" en adoptant les mesures demandées par les Kurdes.

"Malgré tous les obstacles, notre volonté de paix demeure aussi forte qu'au premier jour, mais il faut savoir que le processus de paix ne peut pas rester éternellement dans les limbes", a déclaré le chef du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit) dans un message rendu public par des députés pro-kurdes qui lui ont rendu visite sur l'île-prison d'Imrali où il est détenu, au large d'Istanbul.

"Si la guerre est l'enfer, la paix est le paradis", a ajouté M. Öcalan.

"Nous avons retiré l'un de nos pieds de l'enfer, mais nous attendons toujours dans les limbes car des obstacles nous empêchent de sortir l'autre pied", a-t-il poursuivi.

Le PKK avait proclamé en mars un cessez-le-feu après des mois de négociations secrètes avec les services de renseignement turcs.

Mais le processus de paix s'était enlisé en septembre lorsque les rebelles kurdes avaient annoncé une suspension du retrait de leurs combattants du territoire turc vers leurs bases situées dans le nord de l'Irak, accusant les autorités turques de n'avoir pas mis en oeuvre les réformes promises.

En décembre, le gouvernement turc a soumis au parlement une série de réformes destinées à renforcer les droits de la minorité kurde.

Mais les Kurdes estiment que ces réformes sont loin de répondre à leurs attentes. Ils demandent également la libération des prisonniers kurdes et des militants politiques, le droit à l'enseignement en langue kurde dans les établissements publics et l'abaissement du seuil de 10% des voix nécessaires pour entrer au parlement.

"C'est aujourd'hui le moment d'adopter les dispositions légales qui traînent jusqu'à présent pour diverses raisons", a estimé M. Öcalan.

Le chef des rebelles kurdes a également implicitement évoqué la crise provoquée par l'enquête anti-corruption qui a éclaboussé le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

M. Erdogan a estimé qu'il s'agissait d'un "complot" ourdi par la confrérie musulmane du prédicateur Fethullah Gülen, qui a selon lui infiltré la police et la justice.

"Les derniers développements montrent que les forces anti-démocratiques qui recherchent la guerre aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur vont accélérer leur conspiration, à moins que le processus (de paix) ne soit finalisé, et un pays pleinement démocratique édifié", a-t-il ajouté.

Les violences liées à l'insurrection du mouvement armé kurde ont coûté la vie à 45.000 personnes depuis 1984.

fo/mr/plh