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11/01/2014 11:08 EST | Actualisé 13/03/2014 05:12 EDT

La fragile économie tunisienne entraîne d'importantes émeutes, faisant un mort

TUNIS, Tunisie - Des émeutes provoquées par l'état de l'économie tunisienne ont éclaté au cours de la nuit de vendredi à samedi dans plusieurs villes du pays, faisant un mort et représentant un défi immédiat pour le premier ministre et la progression de l'État vers la démocratie.

Des foules de manifestants se sont rassemblés vendredi soir à l'extérieur des bâtiments du ministère des Finances, à Tunis, en raison de nouvelles taxes imposées par le gouvernement sortant. Ces taxes ont été décrites comme nécessaires pour combler les trous dans le budget national.

Ces nouvelles tarifications ont été rapidement suspendues par le premier ministre sortant, mais la décision n'a pas suffi à calmer les foules en colère, en plus de jeter le doute sur les futures tentatives gouvernementales de contrôler les dépenses et augmenter les revenus.

La police a mentionné que des criminels avaient tiré partie de la situation et avaient commencé à piller des magasins, en plus d'affronter les autorités. Ils ont finalement été dispersés à l'aide de gaz lacrymogènes, a précisé samedi un porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Près de 50 personnes ont été arrêtés lors de heurts dans les banlieues de Tunis, a-t-il ajouté.

Lors d'un autre affrontement, un jeune manifestant a été tué et un policier a été blessé dans une ville à la frontière de l'Algérie, a mentionné le porte-parole, avant de souligner qu'une enquête était en cours pour éclaircir cette affaire.

Ces émeutes se sont produites quelques heures après qu'un nouveau premier ministre de transition, Mehdi Jomaa, eut reçu le mandat de former un cabinet de technocrates pour guider le pays vers de nouvelles élections.

Dans la foulée de la révolution ayant jeté à bas l'ancien régime, en 2011, l'économie tunisienne a dévissé de 2 pour cent, avant de reprendre du mieux avec une croissance de 2,7 pour cent en 2013, un taux cependant insuffisant pour créer des emplois. Le chômage touche actuellement 17 pour cent de la population.