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11/01/2014 01:06 EST | Actualisé 13/03/2014 05:12 EDT

Grèce : un ex-patron de banque arrêté en Turquie dans une affaire de corruption

L'ex-PDG de la Banque postale hellénique (TT) a été arrêté vendredi soir à Istanbul, dans le cadre d'une vaste affaire de corruption, et sera prochainement transféré en Grèce, selon les autorités grecques.

Le mandat d'arrêt pesant sur Angelos Filippidis a été transformé vendredi en mandat international, permettant à la police turque de l'arrêter, en coopération avec les autorités grecques.

Selon un communiqué de la police grecque, l'homme d'affaires a été arrêté dans son hôtel place Taksim, dans lequel il résidait depuis le 3 janvier. Plusieurs journaux grecs indiquaient samedi qu'il avait été découvert grâce au signal de son téléphone portable.

Un tribunal turc a approuvé samedi le transfèrement de M. Filippidis vers la Grèce, procédure qui peut prendre entre deux et quarante jours, selon le consulat de Grèce à Istanbul.

L'avocat de l'homme d'affaires, Thanassis Varlamis, a indiqué à l'AFP que l'ancien président de la Banque postale avait lui-même demandé samedi au magistrat turc devant lequel il comparaissait d'être renvoyé en Grèce pour y répondre de ses actes.

"Mon client a produit un billet d'avion pour Athènes à la date de lundi, qu'il avait déjà acheté vendredi", a assuré l'avocat.

Quatre autres personnes, des ex-responsables de la banque et un important homme d'affaires grec, ont déjà été arrêtées dans le cadre de cette affaire, reliée à un déficit de plusieurs centaines de millions d'euros découvert à la TT, et elles ont été placées en détention provisoire.

Vingt-cinq personnes au total ont été mises en examen dans le cadre de cette affaire, portant sur des prêts non garantis accordés par les responsables de la banque.

L'enquête avait commencé après la découverte d'un trou de 400 millions d'euros dans les comptes de TT.

Jeudi, M. Filippidis, s'exprimant depuis l'étranger sur la radio grecque Skai, avait démenti toute malversation : "Tous les prêts ont été accordés à l'unanimité des décisionnaires et toutes les procédures ont été respectées", avait-il dit, ajoutant "si c'était à refaire, je le referais".

Il a souligné que le taux de créances douteuses de la banque était de loin inférieur à celui des autres banques grecques frappées par la crise.

Depuis, TT a été scindée en deux entités, celle dotée d'actifs sains ayant été acquise par Eurobank dans le cadre de la vaste restructuration du secteur bancaire national bouclée cet été.

Le parti de la gauche radicale Syriza a accusé samedi dans un communiqué le Premier ministre Antonis Samaras et le ministre des Finances Yannis Stournaras, respectivement qualifiés "d'homme de la chancelière (allemande) Angela Merkel en Grèce" et "d'homme du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble en Grèce", "de couvrir" Anastasia Sakellariou, ex-responsable de TT mise en examen dans cette affaire et elle-même à la tête du Fonds hellénique de stabilité financière.

Plusieurs enquêtes judiciaires sur de retentissantes affaires de corruption ont été dévoilées en Grèce ces dernières semaines. Le gouvernement met en avant sa détermination à lutter contre les malversations financières qui ont coûté cher au pays avant la crise.

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