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10/01/2014 06:18 EST | Actualisé 12/03/2014 05:12 EDT

Vives critiques de Bagdad concernant des ventes de pétrole par le Kurdistan

Le ministère irakien du pétrole a vivement critiqué vendredi la décision de la région autonome du Kurdistan de vendre son pétrole, estimant qu'il s'agissait d'une violation de la Constitution et l'assimilant à de la contrebande.

Le communiqué a été publié après l'annonce par les autorités kurdes de leurs premières exportations de pétrole vers la Turquie, d'autres devant suivre.

Un bras de fer oppose depuis des mois le gouvernement central à la région autonome du Kurdistan sur la gestion des ressources naturelles.

La décision du Kurdistan de vendre le brut exporté vers la Turquie est "considérée (...) comme une violation flagrante de la Constitution irakienne", a annoncé le ministère du Pétrole dans un communiqué.

L'Organisation nationale du marché pétrolier "est le seul et unique organisme officiel autorisé à conclure des contrats pour l'exportation de ressources en hydrocarbures, dont le pétrole et le gaz", a rappelé le ministère.

Toutes autres exportations sont "considérées comme de la 'contrebande de pétrole', en violation de la législation en vigueur", a ajouté le ministère, tout en critiquant Ankara pour avoir facilité l'initiative kurde.

La région autonome du Kurdistan avait annoncé en début de semaine le "début de la vente de son premier chargement de pétrole exporté via le nouveau oléoduc de la région du Kurdistan à travers la Turquie vers le port (turc) de Ceyhan".

La vente des deux premiers millions de barils de brut doit intervenir d'ici fin janvier, et d'autres vont suivre.

Le gouvernement régional kurde considère que le pétrole et le gaz produits dans cette région sont la propriété du Kurdistan irakien et cherche à exporter ce pétrole sans passer par les autorités fédérales de Bagdad.

De son côté, le gouvernement central estime que l'énergie produite dans toutes les régions d'Irak appartient au pays tout entier.

Le Kurdistan irakien, qui jouit d'une importante autonomie et dispose de ses propres forces de sécurité, gouvernement et drapeau, s'est également attiré les foudres de Bagdad pour avoir signé des contrats avec des firmes énergétiques étrangères.

Outre le différent sur le pétrole, un conflit territorial oppose la région du nord de l'Irak au gouvernement central. Ces différends constituent, selon les diplomates, la principale menace à long terme pour la stabilité du pays.

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