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10/01/2014 12:48 EST | Actualisé 12/03/2014 05:12 EDT

RDC: début du procès d'un Norvégien accusé du meurtre de son codétenu

Le procès d'un ressortissant norvégien poursuivi pour le meurtre d'un compatriote détenu avec lui dans une prison congolaise s'est ouvert vendredi à Kinshasa, a-t-on appris auprès de son avocat et d'un témoin.

Joshua French, qui détient également la nationalité britannique, est accusé d'avoir tué son compatriote Tjostolv Moland, retrouvé mort en août dans la cellule qu'ils partageaient à Kinshasa. Il a comparu devant la cour militaire de Ndolo dans la capitale congolaise, a indiqué à l'AFP Me Marie-André Mwila.

Le procès devait commencer mardi mais la première audience avait été ajournée en l'absence d'un interprète.

Selon un témoin, l'audience de vendredi a duré une demi-heure environ et a été renvoyée au 21 janvier à la demande de Me Mwila.

Celui-ci a indiqué à l'AFP qu'il avait obtenu ce report compte tenu de l'état de santé de son client.

"Il est déprimé. J'ai besoin de temps pour qu'il se reconstruise un peu", a dit l'avocat, ajoutant avoir l'intention de démontrer à la cour l'innocence de M. French.

"Nous avons des éléments prouvant que Moland s'est suicidé", a-t-il affirmé.

A propos de l'accusé, Me Mwila a indiqué craindre "que si on le maintient dans ces conditions-là, il puisse craquer aussi".

M. French et Tjostolv Moland avaient été condamnés à la peine de mort en juin 2010 pour le meurtre en mai 2009 du chauffeur congolais d'un véhicule qu'ils avaient loué dans l'Est du pays. Ils ont toujours nié les faits.

Oslo, qui avait tenté de négocier, en vain, le transfèrement des deux hommes en Norvège avait dit en décembre son "incompréhension" à la nouvelle de l'inculpation de M. French, indiquant qu'une enquête conjointe des polices congolaise et norvégienne avait conclu à l'absence d'éléments pointant vers un homicide.

Lundi, le Collectif des organisations non gouvernementales de défense des droits de l'Homme en RDC (ONGDH) a demandé que M. French soit gracié par le président congolais Joseph Kabila, ou que son procès soit dépaysé en Norvège.

Aucune exécution n'a eu lieu en République démocratique du Congo depuis 2001, les peines capitales étant systématiquement commuées en peines d'emprisonnement à perpétuité.

Les prisons du pays sont vétustes et surpeuplées. Les détenus y vivent dans des conditions d'hygiène désastreuses, souvent sans être soignés ni nourris. Selon l'ONU, 101 personnes sont mortes en détention en 2012.

mj/jmc