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10/01/2014 02:51 EST | Actualisé 11/03/2014 05:12 EDT

« Ce n'est pas l'équipe de P.K. » - Subban

P.K. Subban a passé 9 minutes cloué au banc mercredi. Il a fallu à Michel Therrien 11 minutes de point de presse pour désamorcer l'histoire vendredi.

Un texte de Guillaume Lefrançois Twitter Courriel

Vous comprendrez donc que le sort réservé à Subban à Philadelphie est demeuré un sujet d'actualité à l'issue de l'entraînement. Et comme il fallait s'y attendre, les deux camps ont calmé le jeu.

« C'est l'entraîneur, il doit prendre ses décisions, a commenté le numéro 76. C'est une équipe, ce n'est pas l'équipe de P.K. ni celle de Carey Price. C'est le Canadien de Montréal. Si ça arrive à quelqu'un d'autre, la même chose va se produire. On doit se concentrer sur demain. Ça n'aide pas de revenir sur ce qui s'est passé il y a deux jours. »

Rappelons les faits. En fin de deuxième période, le Tricolore accuse un retard de 1-3. Au son de la deuxième sirène, une mêlée éclate et Subban largue une droite à Sean Couturier. Le verdict a été immédiat : deux minutes pour rudesse, si bien que le CH a amorcé le dernier tiers à court d'un homme. À sa sortie du banc des pénalités, le gagnant du dernier trophée Norris a donc été invité à s'asseoir au banc de son équipe, où il est resté pour neuf autres minutes.

Tout ça au lendemain de sa nomination au sein d'Équipe Canada...

« On parle souvent de discipline d'équipe, a rappelé Therrien. Les joueurs savent où on va avec ça. J'ai eu une conversation avec P.K. ce matin. Il était très au courant de la décision. Il semblait d'accord. Car, dans le passé, il s'est fait des choses et on a réagi de la même façon. Il faut être honnête avec tout le monde. Quand tu n'es pas honnête, tu es dans le trouble. »

La méthode Therrien

Pour Therrien, il s'agit là de la méthode à employer avec son fringant défenseur. Et cette méthode, il l'a patiemment exposée pendant trois bonnes minutes, en réponse à une question du collègue Philippe Cantin, qui demandait à Therrien si Subban était victime d'acharnement. Un fait rare pour un entraîneur qui préfère généralement s'en tenir à des explications courtes. En voici une partie.

« Quand je suis arrivé ici, je disais que j'avais hâte de le diriger parce que c'est un joueur que tu dois retenir. J'aime mieux retenir un joueur que de sortir le fouet et le pousser. Il avait du travail à faire en début de saison. Sa concentration n'était pas là. Avant de prendre une décision, on se demandait comment passer le message parce qu'il y a des étapes, quand tu ne vois pas de changement. On y a été avec une sortie pour attirer son attention (NDLR : quand il l'a blâmé après une défaite au Colorado le 2 novembre). C'est là, dans sa saison, qu'il a mené son jeu à un autre niveau, qu'il a porté attention aux détails. C'est une des raisons pour lesquelles il s'est taillé une place aux Jeux olympiques.

« Si j'avais eu les bras croisés à faire le bon gars, à dire c'est beau, et qu'au bout du compte, il ne va pas aux Olympiques, je me serais dit que je n'ai pas fait mon travail. Mais là, on a travaillé avec, et quand je vous dis qu'on est fier qu'il soit là, qu'on en prend des récompenses personnelles, c'est vrai. P.K. Subban nous tient à cœur, on le veut avec nous à long terme. On veut qu'il devienne un leader. »

Le message est saisi

Dans le vestiaire du Canadien, les joueurs ont pris le sort réservé à Subban comme un message.

« Tout le monde doit être tenu responsable. On doit gagner des matchs, et c'est plus difficile de le faire quand on est en désavantage numérique », a mentionné Carey Price.

« Peu importe ce qui se passe, c'est toujours l'équipe en premier, a ajouté le défenseur Josh Gorges. Peu importe qui tu es, dans quelle position tu es, l'équipe passe en premier. Quand Michel et Marc sont arrivés, ils ont voulu instaurer cette philosophie et on a progressé dans cette direction. Ce n'est pas le temps de revenir en arrière. »

Les joueurs ont maintenant une occasion en or de montrer que le message a été saisi. S'ils viennent à bout des puissants Blackhawks de Chicago, on pourra certainement parler d'une victoire de caractère, et non pas d'un gain à l'arraché contre un adversaire plus faible.