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10/01/2014 04:34 EST | Actualisé 10/01/2014 04:34 EST

Meryl Streep accuse Walt Disney de sexisme et d'antisémitisme

Reuters

À l'occasion du National Board of Review Awards à New York, le 7 janvier dernier, Meryl Streep a fait une forte impression. Au moment de remettre un prix à Emma Thompson pour sa prestation dans le dernier film des studios Disney Sauvons M. Banks, l'actrice américaine en a profité pour tacler le créateur du studio, Walt.

Sur scène, Meryl Streep a tenu un long discours en hommage à Thompson - allant même jusqu'à réciter un poème écrit de sa main - avant de s'en prendre au comportement de Walt Disney qu'elle juge antisémite et sexiste.

Sauvons M. Banks avec Tom Hanks dans le rôle de Walt Disney:

Sexisme

Sans se démonter, l'héroïne de Sur la route de Madison l'accuse d'être "un fervent croyant, raciste et membre d'un lobby antisémite". L'actrice étaye ses propos en évoquant la lettre de rejet de candidature envoyée par Walt Disney en 1938 à une jeune postulante dessinatrice.

Publié il y a 5 ans, ce courrier au contenu sexiste, écrit par le réalisateur, mentionne notamment que les femmes n'ont pas accès à la partie création et graphique des dessins animés mais qu'un poste dans le coloriage peut être envisagé.

Meryl Streep a également évoqué le témoignage d'un ancien salarié pour Disney Pictures. Walter Kimball assurait que le fondateur du studio se vantait de n'avoir aucune confiance en deux choses: les femmes et les chats.

L'actrice a rajouté que, selon plusieurs textes de scientifiques, tous les individus créatifs sont souvent bizarres, dérangés, irritantes et excentriques. "Leur trop plein de créativité leur provoque un manque de décence et de respect", a t-elle renchéri.

Avant de quitter la scène, l'actrice américaine a rappelé que "ce phénomène a toujours existé dans la société et notamment avec Mozart, Van Gogh, Tarantino et Eminem".

Antisémitisme

Walt Disney a été accusé d'antisémitisme à plusieurs reprises. Beaucoup de ces premiers films dans les années 1930 véhiculaient stéréotypes et références racistes.

Dans Les Trois Petits Cochons, le Grand Méchant Loup rôde près des maisons habillé en vendeur ambulant juif. Un autre court métrage, l'Opéra, met en scène la souris emblématique de Disney, Mickey Mouse, en danseur habillé à la manière d'un juif hassidique.

L'animateur américain Art Babbitt, juif de religion et très reconnu pour son travail au sein du groupe Disney, a avoué avoir entretenu de très mauvaises relations tout au long de sa carrière avec Walt Disney. Ce dernier assure l'avoir vu, en compagnie de son avocat, se rendre à plusieurs meetings pro-nazi dans les années 1930.

Neal Gabler, le premier à avoir eu accès aux archives de Walt Disney en 2006 afin de réaliser sa biographie, affirme qu'il n'était pas antisémite publiquement. Selon Gabler, cette réputation lui a été donnée après son adhésion au Motion Picture Alliance for the Preservation of American Ideals, un groupe privé - ouvertement anti-communiste et antisémite - réunissant les patrons de l'industrie du film hollywoodien.

Autre fait marquant, selon le New York Times, Walt Disney a personnellement invité Leni Riefenstahl, réalisatrice de propagande nazie et proche collaboratrice d'Hitler, pour visiter ses studios en 1938.

Pour se dédouaner, The Walt Disney Family Museum - le musée de San Francisco dédié au créateur - souligne la participation financière récurrente à des associations caritatives juives comme le Hebrew Orphan Asylum.

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