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10/01/2014 03:12 EST | Actualisé 11/03/2014 05:12 EDT

Les Etats-Unis et l'Inde s'entendent sur le sort de la consule indienne

Les Etats-Unis et l'Inde sont parvenus à mettre un terme à la mini-crise diplomatique déclenchée par l'arrestation et la fouille au corps d'une diplomate indienne le mois dernier à New York, la jeune femme étant rapatriée dans la foulée de son inculpation.

Devyani Khobragade, consule générale adjointe à New York, avait été arrêtée le 12 décembre et détenue pendant 48 heures.

La justice américaine l'accuse d'avoir sous-payé et exploité une employée de maison, elle aussi indienne, Sangeeta Richards, et d'avoir menti et produit de faux documents pour que celle-ci obtienne un visa de travail.

Le traitement subi par la consule, arrêtée alors qu'elle déposait ses deux enfants à l'école et fouillée jusque dans ses "cavités corporelles", a déclenché la colère des autorités indiennes qui estimaient en particulier qu'elle était couverte par l'immunité diplomatique.

La justice américaine contestant ce fait, New Delhi avait demandé à Washington de lui octroyer un visa G1 accordé aux diplomates en poste aux Nations Unies, dont le siège est également à New York.

"Devyani Khobragade a obtenu des Etats-Unis un visa G1 lui octroyant une immunité diplomatique totale. L'Inde la rapatrie. Elle est maintenant dans l'avion", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères indien Syed Akbaruddin dans un tweet.

La consule indienne avait été inculpée quelques heures auparavant par un grand jury pour fraude au visa et fausse déclaration.

Cet accord met fin à plusieurs semaines de tensions qui ont envenimé les relations entre les deux pays et pourrait laisser des traces chez chacun des deux alliés.

L'Inde avait enlevé les barrières de sécurité devant l'ambassade américaine de New Delhi, avait demandé les contrats des employés de maison des diplomates américains en Inde et bloqué les importations d'alcool destiné à l'ambassade américaine.

Mercredi, New Delhi avait décidé d'empêcher les non-diplomates de pouvoir utiliser les installations culturelles et sportives de l'ambassade américaine et toutes les visites de responsables américains en Inde avaient été annulées.

"Sous payée et exploitée"

Ce différend a mis en lumière les écarts dans les valeurs de chacun des deux pays.

Khobragade a été considérée dans son pays comme la victime d'un traitement inapproprié par la police, ce qui a été ressenti comme une humiliation. Peu d'employés de maison ont un contrat en Inde et nombre d'entre eux subissent des mauvais traitements.

Avant de quitter les Etats-Unis, la consule a "réitéré son innocence", selon New Delhi.

Les Etats-Unis ont, à l'opposé, montré peu d'indulgence pour une femme soupçonnée d'avoir exploité une employée indienne vulnérable et d'avoir menti sur ses conditions salariales pour pouvoir l'emmener sur le sol américain.

"Nous sommes des Indiens fiers. Peut-être sommes nous un pays pauvre mais nous ne faisons pas de compromis sur la souveraineté de notre pays", a dit le père de la consule, Uttam, lors d'une conférence de presse vendredi.

L'acte d'accusation rendu public jeudi accuse Mme Khobragade, qui avait gardé le passeport de Sangeeta Richards, de l'avoir "illégalement sous-payée et exploitée".

La consule est accusée d'avoir envoyé en novembre 2012 une demande de visa pour cette employée de maison, stipulant qu'elle serait payée 4.500 dollars mensuels.

De fait, elle avait déjà convenu en Inde avec elle qu'elle serait payée, pour travailler de 37,5 à 41,5 heures par semaine, 30.000 roupies mensuelles (environ 573 dollars), très en-dessous du salaire minimum légal aux Etats-Unis.

Mais pour qu'elle puisse obtenir un visa, elle lui avait fabriqué un faux contrat de travail à destination des autorités américaines, respectant la législation du travail et avait demandé à Sangeeta Richards de mentir sur son salaire lors de son entretien pour obtenir son visa.

Une fois arrivée aux Etats-Unis, l'employée avait dû travailler souvent plus de 100 heures par semaine, sans journée de repos, soit pour un peu plus d'un dollar de l'heure.

Elle s'était enfuie en juin 2013. Sa famille en Inde avait alors subi de multiples pressions pour qu'elle retourne en Inde et ne raconte pas ce qu'elle avait vécu.

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