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10/01/2014 04:00 EST | Actualisé 12/03/2014 05:12 EDT

Israël autorise la construction de 1400 nouvelles maisons dans les colonies

JÉRUSALEM - Le gouvernement israélien a annoncé vendredi son intention de construire 1400 nouvelles résidences dans les colonies juives de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, des territoires que les Palestiniens revendiquent pour leur futur État.

Même si l'annonce n'est pas une surprise, elle a suscité la colère des Palestiniens, de même que de certains membres du gouvernement israélien et d'observateurs étrangers.

Le ministère du Logement a indiqué que 800 nouvelles maisons seraient construites en Cisjordanie et 600 autres à Jérusalem-Est.

Cette annonce était attendue depuis qu'Israël a libéré 26 prisonniers palestiniens de longue date à la fin du mois de décembre, dans le cadre d'un accord conclu l'été dernier lors de la reprise des négociations israélo-palestiniennes. Il s'agissait de la troisième de quatre séries de libérations promises par Israël.

Un porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Abu Rdeneh, a condamné l'annonce, affirmant qu'elle nuisait aux «efforts des États-Unis visant à créer une voie pacifique vers la solution des deux États».

L'annonce était attendue plus tôt en janvier mais elle a été reportée, apparemment pour éviter qu'elle ne coïncide avec la visite, la semaine dernière, du secrétaire d'État américain John Kerry. Même si Israël n'est pas obligé de suspendre les constructions dans les colonies durant les négociations, M. Kerry a appelé à la retenue et a estimé que la poursuite des constructions soulevait des questions sur le réel engagement israélien dans le processus de paix.

L'annonce a été critiquée par des membres de la coalition du premier ministre Benyamin Nétanyahou. Le ministre des Finances, Yair Lapid, du parti centriste Yesh Atid, a affirmé que sa formation s'objectait à l'annonce et ferait «tout afin qu'elle ne soit pas appliquée».

Un député du parti Likoud de M. Nétanyahou, Ofir Akunis, a défendu la décision, affirmant que les constructions dans les colonies étaient un «droit naturel et historique» d'Israël.

Une porte-parole du département d'État américain, Jen Psaki, a déclaré vendredi que les États-Unis «avaient toujours considéré les colonies comme illégitimes».

«À de nombreuses reprises, nous avons appelé les deux parties à créer une atmosphère positive pour les négociations», a poursuivi Mme Psaki. «Évidemment, tout ce qui ne va pas dans ce sens n'est pas utile.»

La décision a aussi été condamnée par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. «Je suis alarmé par l'annonce (...) de plus de 1000 unités dans les colonies. Une telle activité est non seulement illégale, mais constitue aussi un obstacle à la paix», a-t-il affirmé.

Depuis que les négociations de paix ont repris l'été dernier, Israël a publié 5500 soumissions pour des constructions dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, selon Yariv Oppenheimer, de l'organisation israélienne Peace Now, opposée aux colonies. Il s'agit d'une hausse significative comparativement aux années précédentes, a indiqué M. Oppenheimer.