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10/01/2014 07:43 EST | Actualisé 12/03/2014 05:12 EDT

France: la justice confirme l'interdiction d'un deuxième spectacle de Dieudonné

La justice française a confirmé vendredi l'interdiction d'un deuxième spectacle prévu dans la soirée à Tours (centre) de Dieudonné, humoriste condamné plusieurs fois pour antisémitisme, au motif d'un "risque sérieux" d'atteinte à la dignité de la personne humaine.

Le tribunal administratif d'Orléans avait été saisi de requêtes d'un spectateur et de Dieudonné M'bala M'bala contre l'arrêté d'interdiction du one-man-show "Le Mur" à Tours, deuxième étape d'une tournée programmée dans toute la France avant des représentations en février en Suisse.

Dans son show, déjà présenté à Paris, Dieudonné multiplie les charges contre les juifs.

La décision du tribunal d'Orléans intervient au lendemain de la confirmation de l'interdiction du spectacle de Dieudonné à Nantes (ouest) par la plus haute juridiction administrative française, le Conseil d'Etat, qui a fait primer le risque de trouble à l'ordre public sur la liberté d'expression.

Il s'agit d'un retournement de jurisprudence, les tribunaux ayant ces dernières années invalidé à une quinzaine de reprises des interdictions de spectacles de ce polémiste.

"Les allégations selon lesquelles les propos pénalement répréhensibles et de nature à mettre en cause la cohésion nationale relevés lors des séances (du spectacle) tenues à Paris ne seraient pas repris à Tours ne suffisent pas pour écarter le risque sérieux que soient de nouveau portées de graves atteintes au respect des valeurs et principes - notamment de dignité de la personne humaine, qui est une des composantes de l'ordre public", a estimé le tribunal d'Orléans.

Le sénateur-maire socialiste de Tours, Jean Germain, s'est félicité de cette décision. "Notre dossier était très solide", a-t-il ajouté, en évoquant "une alerte à la bombe (à la mairie de Tours) ainsi que des menaces codées sur des réseaux sociaux".

Les partisans de Dieudonné forment une mosaïque hétéroclite, comptant des militants pro-palestiniens, quelques jeunes d'extrême droite mais aussi des anarchistes ou des soixante-huitards sur le retour, soudés par un même rejet des élites politiques et médiatiques.

Son audience pourrait grossir sur internet, où le comédien jouit déjà d'une large popularité. Certaines de ses vidéos ont ainsi attiré plus de deux millions de spectateurs et près de 500.000 personnes "aiment" sa page Facebook.

"Nous ne pouvons laisser se diffuser cette parole. Il faut en discuter notamment avec les opérateurs" internet, a déclaré vendredi le ministre de l'Intérieur Manuel Valls pour qui "le combat continue". "Mais sur le plan juridique les choses ne sont pas simples", a-t-il reconnu.

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