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10/01/2014 05:03 EST | Actualisé 11/03/2014 05:12 EDT

Chine: un célèbre institut du bouddhisme tibétain en proie à un vaste incendie

Un institut considéré comme l'un des plus grands centres du bouddhisme tibétain en Chine, et objet dans le passé de répressions par les autorités chinoises, a été victime d'un vaste incendie aux causes non élucidées, ont rapporté vendredi médias et microbologs.

L'institut bouddhiste Serthar, ou Larung Gar, dans la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine) a été sévèrement endommagé par un sinistre ayant débuté jeudi soir, a indiqué le portail d'informations officiel Zhongguo Xinwen Wang.

Les flammes ont détruit au moins 10 structures du site mais aucun blessé n'a été déclaré, a-t-il ajouté, soulignant que plus de 450 pompiers, policiers et sauveteurs avaient été mobilisés pour circonscrire l'incendie.

Une enquête est en cours pour déterminer les causes du sinistre, a également indiqué le Zhongguo Xinwen Wang.

Des photographies diffusées sur le réseau social Weibo, version chinoise de Twitter, montraient un nombre important de personnes debout dans des rues en pleine nuit, levant les yeux vers les gigantesques flammes consumant des bâtiments de l'institut.

Sur l'une des images, on peut voir des secouristes déplaçant des débris et portant apparemment assistance à des bonzes au crâne rasé et vêtu de la traditionnelle robe de couleur rouge.

Serthar, connu en chinois sous le nom de Seda, est situé dans une région tibétaine à plus de 4.000 km d'altitude et à des centaines de kilomètres de la plus proche ville.

L'institut bouddhiste qui s'y trouve a été fondé en 1980 et avait rapidement gagné en ampleur jusqu'à devenir l'un des plus grands centres mondiaux du bouddhisme tibétain, avec une population estimée à 10.000 bonzes, nonnes et étudiants vivant dans de modestes maisons de bois.

Mais en 2001, des policiers armés avaient contraint des centaines de moines et de nonnes tibétains à quitter l'institut, avant de détruire un millier d'habitations.

Les policiers avaient exigé que des religieux signent des documents dénonçant le dalaï lama, leader spirituel tibétain et bête noire de Pékin, et le fondateur du centre, Khenpo Jigme Phuntsok, avait été détenu pendant un an suite à l'incident.

Début 2012, Serthar avait été agité par une vague de violences, après que des policiers avaient réprimé à coups de gaz lacrymogènes une manifestation pacifique de Tibétains dans la région, selon des groupes d'activistes en exil.

Plus de 120 Tibétains se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire depuis 2009, pour protester contre la répression de leur religion et de leur culture.

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